FRUITERIE
DU ROI. La charge de chef ordinaire de la Fruiterie du
roi fut créée par lettres données à Saint-Germain–en–Laye,
le 8 février 1670. Il avait sous ses ordres douze autres chefs
et deux aides de Fruiterie. Le premier
aide devait faire venir de Provence, au 1er janvier, les fruits du
pays pour la maison du roi ; il fournissait en outre, vers la
fin du Carême, les palmes pour le jour des
Rameaux ; la charge du second aide dépendait du roi, et
celui qui la possédait en faisait le serment ordinaire entre
les mains du grand-maître ; son unique fonction était
de présenter à Sa Majesté,
la veille du dimanche des Rameaux, les palmes que l'autre
aide de Fruiterie avait eu soin de
faire venir de Provence. Le lendemain, après qu'elles étaient
bénites,
et que le roi avait reçu la sienne des mains de l'officiant,
l'officier ci-dessus avait l'honneur d'en présenter à la
reine et aux princesses ; c'était pour cela qu'il était
nommé communément Palmier ordinaire
du roi.
Le fruit de la table du roi était autrefois fourni par
la Fruiterie ; mais le roi Louis XIII
le fit fournir par les officiers de la Paneterie-Bouche,
qui le fournirent encore depuis. Au reste, la Fruiterie continua
toujours de fournir les bougies de cire pour les lustres, le bougeoir
et les flambeaux de vermeil doré de la chambre du roi et
les bougies des girandoles, qu'ils avaient encore l'honneur
de poser tous les jours sur la table du roi, quand il soupait en
public. C'eût été donc
mal parlé de dire la Fruiterie-commun,
puisque ces officiers servaient immédiatement pour la personne
de Sa Majesté.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816