GAGE DE BATAILLE, était
un gage, tel qu'un gant ou
gantelet, un chaperon ou autre chose semblable que l'accusateur,
le demandeur ou l'assaillant jetait à terre et que
l'accusé ou
défendeur ou autre auquel était fait le défi,
relevait pour accepter ce défi, c'est-à-dire le duel.
L'usage de ces sortes de Gages était fréquent
dans le temps que l'épreuve du duel était autorisée
pour vider les questions tant civiles que criminelles.
Lorsqu'une fois le Gage de bataille était
donné,
on ne pouvait plus s'accommoder sans payer de part et d'autre
une amende au seigneur.
Quelquefois, par le terme de Gage de bataille,
on entendait le duel même dont le Gage était
le signal. C'est en ce sens
que l'on dit que saint Louis défendit, en 1260, les Gage
de bataille. On continua cependant d'en donner tant que les duels furent permis.
GAGE-PLÈGE, en Normandie, était l'obligation que
contractait quelqu'un pour le vassal qui n'était
pas resséant sur son fief, de payer pour lui les rentes et redevances
dues pour l'année suivante, à raison de son fief
; il devait donner piège, c'est-à-dire caution,
qui demeurait sur le fief, et qui s'obligeait de les payer.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816