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Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries
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Gardes du corps

Au Blason des Armoiries
 

GARDES DU CORPS, militaires attachés à la, personne de la plupart des princes souverains, pour en défendre la vie, maintenir la sûreté, combattre pour eux et près d'eux, en exécuter les ordres avec promptitude et vigueur, et le tout, en vertu d'engagements particuliers, et plus étroits que ceux qui d'ordinaire lient à ces divers égards le reste des serviteurs ou sujets des princes.

À juger de l'origine de ces gardes par la nature de leur vocation, l'on peut présumer que leur ancienneté ne le cède pas de beaucoup à celle des souverains eux-mêmes. Il dut s'écouler peu de temps après la formation des états, entre la création des chefs et le besoin de donner sûreté à leur personne, et activité à leurs ordres. La volonté générale dont cette création était le résultat n'ayant pas en soi la faculté d'anéantir les volontés particulières qui pouvaient la contrarier, avait au moins le pouvoir d'obvier aux mauvais effets de ces contrariétés. Elle pouvait, au moyen de certaines précautions, empêcher que les chefs ne fussent mal traités, mal servis, ou mal obéis ; elle pouvait en un mot leur donner des Gardes, ou leur permettre d'en prendre.

C'est ainsi que l'on voit les fondateurs des empires avoir des Gardes presqu'aussitôt que des sujets. Déjocès en eut chez les Mèdes, avant même que d'avoir un palais ; Cyrus s'en était formé dès son enfance ; Ninus, ou Belus ou Nimrod, en avaient eu sans doute aussi dans Ninive ou dans Babylone. Gigès de Lydie était, au rapport d'Hérodote, le capitaine des Gardes de Candaule : Alexandre et ses successeurs en eûrent en Europe, en Asie et en Afrique : Romulus eut ses celères et Auguste établit la fameuse cohorte prétorienne, qui fut congédiée, sinon même abolie, par Constantin-le-Grand. Dans les temps modernes, il en existe chez toutes les puissances où il y a cour, dans tous les états monarchiques ou autres, où l'administration d'un pouvoir suprême déposée entre les mains d'une personne principale, est appelée à s'annoncer par un éclat qui en impose, à se montrer sous les dehors utilement combinés de la splendeur et de la force.

L'appareil des Gardes du corps en Europe, est en effet aujourd'hui celui de la puissance et de la pompe réunies : c'est partout que leur nombre, grand ou petit, se distingue par la magnificence de l'extérieur, l'élévation du grade, et la haute-paye. Dans l'empire de Russie singulièrement, leur état jouit d'avantages très précieux et de prérogatives très éminentes. Pierre-le-Grand, leur instituteur, invitait souvent les officiers à ses conseils les plus secrets ; il voulut même que la plupart de leurs capitaines, lieutenants et enseignes, siégeâssent au procès de son fils Alexis et signâssent la sentence de mort de ce prince infortuné ; l'on sait d'ailleurs quel rôle important l'élite de ces Gardes a joué de nos jours en Russie, lors des révolutions survenues en faveur des deux dernières impératrices.

Enfin il est encore une observation générale à faire sur cette milice privilégiée, attribut de la puissance suprême, et consistant indifféremment en cavalerie et en infanterie : c'est qu'il a quelquefois été du bon plaisir des souverains de communiquer l'honneur d'en avoir à ceux d'entre leurs serviteurs, auxquels ils avaient méritoiremeut confié le plus d'autorité. Les cardinaux de Richelieu et de Mazarin eûrent des Gardes du corps en France ; et le roi de Prusse en donna l'an 1763 au prince Henri de Prusse, son frère, et au prince Ferdinand de Brunswick, son beau-frère.

C'est en France un corps de cavalerie destiné à la Garde du roi (1788).

Les Gardes du corps ont le premier rang dans la gendarmerie de France, par une ordonnance de Louis XIV, donnée en 1667. Ils sont divisés en quatre compagnies, dont une qui était autrefois écossaise, et qui en porte encore le nom, est toujours la première ; les trois autres prennent rang ensemble suivant l'ancienneté de leurs capitaines.

Chaque compagnie est divisée en quatre brigades ; ce qui forme, à quelques différences près, comme des compagnies dans un régiment. C'est le roi qui choisit lui-même ses Gardes. Ils sont habillés de bleu avec des galons d'argent et une bandoulière, qui est la marque de Garde du corps ou de Garde du roi.

Les capitaines des Gardes du corps, ainsi que ceux des gendarmes, chevau-légers de la Garde et mousquetaires, sont premiers mestres-de-camp de cavalerie, c'est-à-dire qu'ils ont rang avant les autres mestres-de-camp et qu'ils les commandent indépendamment de leur ancienneté dans ce grade. Les lieutenants et les enseignes ont rang de mestres-de-camp, et les exempts ont rang de capitaines de cavalerie.

On appelle exempts dans les Garde du corps, des officiers qui sont au-dessous des enseignes. Ce mot vient de ce qu'originairement ils étaient Garde du corps, exempts de faire faction. Les simples Garde du corps, chevau-légers de la Garde, et mousquetaires, ont d'abord rang de lieutenant de cavalerie ; lorsqu'ils ont quinze ans de service, ils obtiennent la commission de capitaine de cavalerie (1).

Les lieutenants des Garde du corps n'ont pas coutume de monter au grade de capitaine de leurs compagnies, mais ils parviennent à celui de maréchal-de-camp et de lieutenant-général à leur rang, sans être obligés de quitter leurs emplois .

Les enseignes montent par ancienneté à la lieutenance.

Pour remplir les places d'enseignes, Louis XIV prenait alternativement un exempt de la compagnie et un colonel de cavalerie.

Les places d'exempts sont données alternativement à un brigadier de la compagnie et à un capitaine de cavalerie : pour celles de brigadier et sous-brigadier, elles sont toujours données à de simples Gardes du corps.

Les étendards ne sont point portés par les enseignes, mais par d'anciens GARDES, à qui l'on donne le nom de porte-étendard, et qui ont une paye un peu plus forte que les autres. Il en est de même pour les étendards de toutes les autres compagnies de la gendarmerie.

Comme il y a dans toutes les compagnies des Gardes du corps six brigadiers et six étendards, et que chaque compagnie ne forme que deux escadrons, il y a trois étendards par escadron, et trois brigades.

Dans la compagnie écossaise, il y a vingt-quatre Gardes qu'on nomme Gardes de la manche ; lorsque Sa Majesté est à l'église, il y en a toujours deux à ses côtés qui ont des hallebardes, et qui sont revêtus d'une cotte d'armes à l'antique (2).

Par édit d'Henri III, du mois de mai 1579, les archers des Gardes du corps ne pouvaient être que des gentilshommes, des capitaines ou des soldats signalés.

Un autre édit du mois de mars 1587 exemptait des tailles les Gardes et gens des ordonnances du roi.

Les Gardes du corps du roi et de la reine, furent confirmés dans la qualité d'écuyer, par arrêt du conseil du 30 mai 1656. Mais ce titre ne donnait à ceux qui n'étaient pas gentilshommes que la noblesse personnelle, sans la rendre transmissible, ni héréditaire à leurs enfants.

Les sous-lieutenants des Gardes du corps du roi devaient faire preuve de noblesse, avant l'an 1400, sans anoblissement connu. (C'était les mêmes preuves que celles de la cour).

Pour ce qui concerne les capitaines des Gardes du corps et le service près de Sa Majesté, Voyez l'article de la Maison du roi.

d'après le Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842)  — Paris, 1816

 

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