GENDARMES DE LA MAISON DU ROI. « De
tous temps les hommes d'armes ou Gendarmes, dit
le Père Daniel, avaient été regardés comme la
plus noble partie de la milice française. Depuis l'institution
des compagnies d'ordonnance par Charles VII, les grands seigneurs,
les maréchaux de France, les connétables, les
princes du sang, se sont fait honneur de commander ces sortes de compagnies ;
et dans la suite les rois même ont voulu en avoir une dont ils se faisaient
les capitaines ».
La compagnie des Gendarmes de la garde avait
autrefois le premier rang dans la maison
du roi. Les gardes du corps obtinrent
ensuite ce privilège vers l'an 1665. Sa Majesté étant à Vincennes,
dit le Père Daniel, fit une revue des troupes de sa maison, où les
Gendarmes qui avaient toujours eu la droite
sur les gardes du corps, eurent l'ordre de passer à la gauche ;
la volonté du roi et
la grande ancienneté des quatre compagnies des gardes du roi, en
comparaison des autres compagnies de la maison du roi, furent alors et
ont été depuis leur titre de préséance ».
Le même auteur prétend que c'est le roi Louis XIII
qui, à son
avènement à la couronne, voulant donner à la compagnie
des Gendarmes une marque particulière
de confiance, la mit dans le corps de troupes destinées à sa
garde.
Cette compagnie était de deux cents maîtres, on l'augmentait
quelquefois jusqu'à deux cent quarante en temps de guerre. C'était
le roi qui en était capitaine. Le commandant avait le titre de capitaine-lieutenant, comme l'avaient tous les autres commandants des compagnies qui composaient
le corps de la gendarmerie de France.
Il y avait quatre étendards dans cette compagnie, savoir un à chaque
brigade. Ils étaient de satin blanc relevé en broderie d'or.
Leurs devises étaient des foudres qui tombaient du ciel, avec ces mots
pour âme, Quo jubet iratus Jupiter. Ces étendards étaient
déposés dans la ruelle du lit de Sa Majesté ; la
compagnie les envoyait prendre par un détachement lorsqu'elle en avait
besoin, et on les reportait au même lieu, escortés par un pareil
détachement.
La compagnie des chevau-légers de la garde du roi jouissait de ce même
privilège, pour le dépôt de ses étendards.
Les Gendarmes de la garde, ainsi
que les autres maîtres de la maison du roi avaient d'abord le
grade de lieutenant de cavalerie ; après quinze ans de service
ils obtenaient celui de capitaine de cavalerie. Voyez Gardes
du corps.
Il y avait aussi les compagnies d'ordonnance auxquelles on donnait
en particulier le nom de gendarmerie, mais ce corps qui tenait
ordinairement garnison à Lunéville,
fut supprimé avant même la révolution.
Suivant l'édit de Henri III, du mois de mai 1579, « nul
ne
pouvait être Gendarme de sa garde qu'il
n'eut été archer ou chevau-léger un an continuel,
ni être archer qu'il ne fût noble de race.
Et par arrêt du conseil du 16 avril 1657, les Gendarmes
du roi furent maintenus dans la qualité d'écuyer ; mais
cette qualité, s'ils n'étaient nobles, ne
devait pas transmettre la noblesse à leurs descendants.
En 1814, ce corps avait été rétabli par le roi Louis XVIII,
mais il a été depuis supprimé. Voyez Maison
du roi.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816