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Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries
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Gens du roi

Au Blason des Armoiries
 

GENS DU ROI était un terme générique qui, dans une signification étendue, comprenait tous les officiers du roi soit de judicature, de finance ou même d'épée.

Par exemple, le roi, en parlant des officiers de son parlement, les qualifiait de nos gens tenant la cour du parlement.

Dans une ordonnance de Philippe de Valois, du mois de juin 1338, on voit que ce prince donnait à des créanciers des troupes ce titre de gentes nostræ.

Charles VI, dans des lettres du mois de juin 1394, en parlant des juges royaux de Provins, les appelait les Gens du roi ; et dans d'autres lettres du mois de janvier 1595, il désigne même, par les termes de gentes regias, les officiers de la sénéchaussée de Carcassonne.

Ces exemples suffisent pour donner une idée des différentes significations de ces termes Gens du roi.

Ce titre paraît venir du latin agentes nostri, qui était le titre que les empereurs, et après eux nos rois, donnaient aux ducs et aux comtes, dont l'office s'appelait agere comitatum.

Du mot agentes on avait fait par abréviation gentes regis, et en français Gens du roi.

Depuis, dans l'usage le plus ordinaire, on n'entendait communément, par les termes de Gens du roi, que ceux qui étaient chargés des intérêts du roi et du ministère public dans un siège royal, tels que les avocats et procureurs-généraux dans les cours souveraines, les avocats et procureurs du roi dans les bailliages et sénéchaussées et autres sièges royaux.

Les substituts des procureurs-généraux et des procureurs du roi étaient aussi compris sous le terme de Gens du roi, comme les remplaçant en certaines occasions.

L'habillement des Gens du roi était le bonnet carré et le rabat, la robe à longues manches, la soutane et le chaperon terminé de même que les avocats.

Les Gens du roi des parlements, cours des aides et cours des monnaies, c'est-à-dire les avocats et procureurs-généraux, portaient la robe rouge dans les cérémonies. Cette prérogative ne paraît point leur avoir été accordée par aucun titre particulier ; elle paraît une suite du droit que les avocats au parlement avaient pareillement de porter la robe rouge, ainsi qu'on le dira en son lieu. Les avocats et procureurs du roi de quelques présidiaux jouissaient aussi du même honneur : ce qui dépendait des titres et de la possession.

La place des Gens du roi était ordinairement à la tête du barreau ; les avocats-généraux du parlement se plaçaient encore au premier barreau dans les petites audiences. À l'égard de celles qui se tenaient sur les hauts sièges, le procureur général se mettait de tout temps sur le banc des baillis et sénéchaux ; ce n'était que depuis 1589 qu'ils se plaçaient sur le banc au-dessous des présidents et des conseillers-clercs ; ce changement fut fait pour la commodité du premier président de Verdun, qui, tarde audiebat. Dans les cérémonies, ils marchaient à la suite du tribunal et étaient précédés d'un ou deux huissiers.

Lorsque les Gens du roi portaient la parole, ils étaient debout et couverts, les deux mains gantées. Tous ceux qui avaient séance après celui d'entr'eux qui portait la parole, se tenaient aussi debout et couverts pendant tout le temps qu'ils parlaient.

Ils avaient le privilège de ne pouvoir être interrompus par les parties ni par les avocats contre lesquels ils plaidaient.

Le 21 février 1721, M. l'avocat-général parlant dans l'affaire du duc de la Force qui était présent, celui-ci l'interrompit ; M. l'avocat-général dit qu'il ne pouvait être interrompu par qui que ce fût, que par M. le premier président.

Il n'était pas d'usage que les juges interrompissent la plaidoirie des Gens du roi, quoique l'heure à laquelle l'audience finissait ordinairement vînt à sonner ; mais il y a des exemples que dans de grandes affaires les Gens du roi avaient eux-mêmes partagé leur plaidoierie en plusieurs audiences.

On n'adjugeait jamais de dépens ni de dommages et intérêts aux Gens du roi ; mais on ne les condamnait aussi jamais à aucune amende, dépens, ni dommages et intérêts.

d'après le Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842)  — Paris, 1816

 

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