GENTILSHOMMES SERVANTS CHEZ LE ROI,
subst. masc. plur. Ces Gentilshommes, fixés
au nombre de trente-six, faisaient journellement, à la table du roi,
les fonctions qu'exerçaient
aux grandes cérémonies le grand-panetier de France, représenté par
douze de ces Gentilshommes ; le grand échanson et le grand écuyer
tranchant, représentés aussi chacun par douze de ces Gentilshommes servants. Cependant
ils étaient indépendants de ces trois grands officiers ;
car lorsqu'il arrivait à ces grands officiers d'exercer
leur charge, comme à la Cène, les Gentilshommes servants servaient
conjointement avec eux, et faisaient alternativement leurs fonctions ordinaires.
Il y en avait neuf par quartier, trois de chaque espèce. Ils étaient
nommés Gentilshommes servants le
roi, parce qu'ils ne servaient que sa Majesté, les têtes
couronnées
ou les princes du sang et les souverains, quand le roi les traitait. Le premier
maître d'hôtel ou les maîtres d'hôtel
de quartier y servaient alors avec le bâton de cérémonie.
Le jour de la Cène, ils servaient conjointement avec les fils de
France, les princes du sang et les seigneurs de la cour, qui présentaient
au roi les plats que sa Majesté servait aux treize enfants de
la Cène ; ils servaient toujours l'épée au
côté,
et avaient séance immédiatement après les maîtres
d'hôtel.
Ils prêtaient serment de fidélité au roi entre les mains
du grand maître, ainsi que les douze maîtres
d'hôtel.
Par déclaration du 17 octobre 1656, Louis XIV
leur a accordé le titre de chevaliers, avec des
armoiries timbrées. Voyez Maison
du roi.
Hors le service de la maison du roi, la misère seule pouvait déterminer
un Gentilhomme à devenir écuyer
ou servant d'armes
d'un autre Gentilhomme son égal.
Comme on voyait ces temps derniers de pauvres Gentilshommes prendre
le titre d'écuyer
d'un cardinal, et l'humiliant office de lui porter la queue
dans l'antichambre des grands.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816