COLONEL-GÉNÉRAL DE L'INFANTERIE FRANÇAISE. C'était autrefois le premier officier de l'infanterie. Cette charge fut érigée en charge de la couronne par le roi Henri iii, en faveur du duc d'Épernon, en 1684.
Ce prince attribua au Colonel-général le pouvoir de nommer généralement à toutes les charges qui vaqueraient dans l'infanterie française, sans excepter même celle de mestre-de-camp du régiment des gardes. Il lui donna aussi une justice particulière pour juger de la vie et de l'honneur des gens de guerre, sans être obligé d'y appeler d'autres officiers que les siens. Il augmenta les appointements de sa charge, et il y attacha de plus une grosse pension. Il tirait outre cela six deniers pour livre sur tous les payements du régiment des gardes, ce qui montait à une grosse somme. Les honneurs qu'on lui rendait étaient extraordinaires : la garde était montée devant son logis par deux compagnies avec le drapeau, et le tambour battait toutes les fois qu'il entrait ou sortait. Toutes les prérogatives attribuées à cette place, qui rendaient cet officier trop puissant, et maître, pour ainsi dire, de toute l'infanterie, donnèrent lieu à la suppression de cette charge. Cette suppression arriva à la mort du second duc d'Épernon, en 1661. Feu M. le duc d'Orléans, régent du royaume, la fit rétablir en faveur de M. le duc d'Orléans son fils, en 1721 ; mais ce prince ayant prié sa majesté d'accepter la démission de cet office, il fut de nouveau supprimé par l'ordonnance du 8 décembre 1730, et sa majesté a ordonné que les mestres-de-camp de ses régiments d'infanterie française et étrangère porteraient à l'avenir le titre de colonel.
Aujourd'hui on compte en France six Colonels-genéraux tant de l'infanterie que de la cavalerie.
MONSIEUR, frère du roi, Colonel-général des
Suisses ;
Monseigneur le prince de Condé, grand-maître de la maison du roi, Colonel-général de l'infanterie de ligne.
Monseigneur le duc d'Angoulême, amiral de France, Colonel-général des cuirassiers et des dragons.
Monseigneur le duc de Berry, Colonel-général des Chasseurs et chevau-légers lanciers.
Monseigeur le duc d'Orléans, Colonel-général des
hussards. Monseigneur le duc de Bourbon, Colonel-général de
l'infanterie légère.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816 — Télécharger