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Les institutions françaises sous l'ancien régime
 
Les institutions françaises sous l'ancien régime
Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries
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Grenetier

Au Blason des Armoiries
 

GRENETIER DU GRENIER À SEL. C'était un officier royal préposé pour recevoir le sel qu'on envoyait dans un grenier. Il exerçait une juridiction, et jugeait en premier ressort les différends qui survenaient par rapport au transport, distribution et débit du sel. Il paraîtrait fort extraordinaire aujourd'hui, qu'un personnage qualifié de Grenetier du grenier à sel de Dieppe, et portant le nom d'une branche de la maison royale de France, se prétendît non seulement gentilhomme, mais encore issu de cette même maison régnante ; on lui rirait au nez, on refuserait même de vérifier le fait, et on crierait à l'imposture, ou à la démence.

Cependant nous voyons dans le tome 1er (page 443) de l'histoire généalogique de la maison de France, par le P. Anselme, Jacques de Dreux, qualifié Grenetier du grenier à sel de Dieppe, en 1480. À la vérité l'auteur ajoute « qu'il y a plusieurs exemples que les rois donnaient ces petites charges par gratification à des gentilshommes, et même à de grands seigneurs, qui les faisaient exercer par des commis en leur nom ». Je répondrai que ces exemples sont rares ; car c'est le seul que j'aie rencontré. Cette branche de Dreux, quoique issue d'une manière bien authentique et incontestable de l'auguste maison de France, était tombée dans un état d'oubli et de détresse si extraordinaire, que la plupart de ses membres ne se trouvent que comme hommes d'armes dans les compagnies de divers gentilshommes, et que Jean de Dreux fut assigné en 1540, avec son frère François, pour prouver leur noblesse ; il déclare qu'il était de l'estoc de Louis-le-Gros (page 443 de la même histoire). On voit encore Robert de Dreux, II de nom, et Isabelle sa soeur, tous deux orphelins, obligés de se réfugier chez Robert, comte de Dreux et de Montfort, qui, meu de pitié et de la proximité du sang, les fit « venir dans sa maison et élever avec ses enfants ; il maria Isabeau avec Gaucher de Châtillon (le connétable de France) et lui donna deux mille livres en mariage et mille pour les frais des noces (1281) ». Même histoire, page 432.

d'après le Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842)  — Paris, 1816 — Télécharger

 

 

 

 

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