MAILS ou MAILLETS, subst. masc. plur., espèce de marteaux, dont on se servait autrefois dans les combats.
« Jean V, duc de Bretagne, dans un mandement pour convoquer les communes de son duché, leur marque, entre autres armes dont les soldats pourraient être armés, un Mailde plomb.
En 1351, dans la bataille des Trente, si fameuse dans les histoires de Bretagne, et qui fut ainsi nommée du nombre des combattants, qui étaient trente de chaque côté ; les uns du parti de Charles de Blois et du roi de France, et les autres du parti du comte de Montfort et du roi d'Angleterre : dans cette bataille, dis-je, ou plutôt ce combat, il est marqué que Billefort, du parti des Anglais, frappait d'un Maillet, pesant vingt-cinq livres ; que Jean Rousselet, chevalier, et Tristan de Pestivien, écuyer, tous deux du parti français, furent abattus d'un coup de Mail, et Tristan de Pestivien autre écuyer du même parti, blessé d'un coup de marteau.
Une autre preuve de l'usage des Maillets pour les soldats, est ce qu'on rapporte de la sédition des Parisiens, au commencement du règne de Charles VI, où la populace, au sujet des nouveaux impôts, força l'arsenal, et en tira quantité de Maillets, pour s'armer et assommer les commis des douanes, ce qui fit donner à ces séditieux le nom de Maillotins. (Histoire de la Milice française).
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816