NOBLESSE DORMANTE OU QUI DORT, c'était celle dont la jouissance était suspendue à cause de quelque acte contraire. C'était un privilège particulier aux nobles de la province de Bretagne ; suivant l'article 561, les nobles qui faisaient trafic de marchandises et usaient de bourse commune, contribuaient pendant ce temps aux tailles, aides et subventions roturières, et les biens acquis pendant ce même temps, se partageaient également pour la première fois encore que ce fussent des biens nobles ; mais il leur était libre de prendre leur Noblesse et privilège d'icelle, toutes fois et quantes que bon leur semblera, en laissant leur trafic et usage de bourse commune, en faisant de ce leur déclaration devant leur plus prochain juge royal de leur domicile. Cette déclaration devait être insinuée au greffe, et notifiée aux marguilliers de la paroisse, moyennant quoi le noble reprenait sa Noblesse pourvu qu'il vécut noblement, et les acquets nobles, faits par lui depuis cette déclaration, se partageaient noblement. M. d'Argentré observe que cet article était de la nouvelle réformation, mais que l'usage était déjà de même auparavant.
La Noblesse qui dort est en suspens, dormit sed non extinguitur.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816