NOBLESSE MILITAIRE, j'ai déjà traité cet article en partie, à la page […] sur les anoblissements par les armes, mais je crois utile d'y ajouter ce qui suit :
La Noblessemilitaire était celle qui était acquise par les armes.
C'est de là que la Noblesse de France tire sort origine, car les Francs, qui faisaient tous profession de porter les armes, étaient aussi tous réputés nobles. Les descendants de ces anciens Francs ont conservé la Noblesse ; on la regardait même autrefois comme attachée à la profession des armes en général ; mais, sous la troisième race, on ne permit de prendre le titre de nobles, et de jouir des privilèges de Noblesse, qu'à ceux qui seraient nobles d'extraction, où qui auraient été anoblis par la possession de quelque fief, ou par un office, noble ou par des lettres du prince.
Il n'y avait, depuis ce temps, aucun grade, dans le militaire, auquel la Noblesse fût attachée ; la dignité même de maréchal de France ne donnait pas la Noblesse, mais elle la faisait présumer en celui qui était élevé à ce premier grade.
Henri IV, par un édit du mois de mars 1600, article 25, défendit à toute personne de prendre le titre d'écuyer, et de l'insérer au corps de la Noblesse, si elle n'était issue d'un aïeul et d'un père qui eussent fait profession des armes, ou servi le public en quelqu'une des charges qui peuvent donner commencement à la Noblesse.
Mais la disposition de cet article éprouva plusieurs changements par différentes lois postérieures.
Ce ne fut que par un édit du mois de novembre 1750, que le roi a créé une Noblessemilitaire, qu'il attacha à certains grades et ancienneté de service.
Cet édit ordonnait, entr'autres choses, qu'à l'avenir le grade d'officier général conférerait de droit la Noblesse légitime.
Ainsi, tout maréchal de camp, lieutenant général ou maréchal de France, était de droit anobli par ce grade.
Voyez, pour la suite de cette ordonnance, ce qu'il en est dit à l'article Anoblissment.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816