NOBLESSE VERRIÈRE. On appelait ainsi celle des gentilshommes qui s'occupaient à souffler le verre. C'est une tradition vulgaire que les gentilshommes avaient seuls le droit de travailler à cet ouvrage. Ce qu'il y a de certain, c'est que dans la plupart des verreries, c'étaient des nobles qui s'occupaient à cet exercice, et ils ne souffraient pas que les roturiers travaillassent avec eux, si ce n'est pour les servir. C'est apparemment ce qui a fait croire à quelques personnes que l'exercice de l'art de la verrerie faisait une preuve de Noblesse ; et en effet, La Roque, ch. exliv., dit que les arrêts contraires ayant empêché qu'en quelques provinces plusieurs verreries n'ayent été déclarées nobles en la dernière recherche des usurpateurs de Noblesse, (il parle de celle qui fut faite en exécution de la déclaration de 1696), quoique, dit-il, ces verriers n'eussent aucune charte ni autre principe de Noblesse, il est constant que l'exercice de l'art de la verrerie ne donnait pas la Noblesse, ni ne la supposait pas.
On voit même que des gentilshommes de campagne demandèrent à Philippe le Bel des lettres de dispense, pour exercer la verrerie, et que tous les verriers des autres provinces, en avaient obtenu de semblables, des rois successeurs de Philippe le Bel, ce qu'ils n'auraient pas fait si cet art eût anobli ou s'il eut supposé la Noblesse ainsi, tout ce que l'on peut prétendre, c'est qu'il ne déroge pas. On voit en effet, au livre 2 du titre Théodosien, que Théodore honora les verriers de l'exemption de la plupart des charges de la république, pour les engager à perfectionner leur possession par l'invention admirable du verre.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816