ORDRE ROYAL ET MILITAIRE DE SAINT-LOUIS. L'Ordrede Saint-Louis a été créé en avril 1693, par Louis XIV, pour récompenser les officiers de ses troupes et leur donner une distinction particulière.
Avant la révolution, il fallait, pour être admis dans cet Ordre, vingt-huit ans de service en qualité d'officier, et de la religion catholique, apostolique et romaine.
Le temps du service n'était pas fixé d'une manière invariable ; une année de campagne comptait pour deux en faveur de ceux qui avaient fait la guerre, et le roi accordait quelquefois la croix à un jeune officier qui s'était distingué par une action d'éclat.
Le roi est grand maître de l'Ordre et tous les héritiers de la couronne en font partie.
Les maréchaux et l'amiral de France sont chevaliers nés de l'Ordre ; il est composé de quarante grand-croix, de cent-vingt commandeurs et d'un nombre très considérable de chevaliers.
Suivant l'édit de 1779, il était composé, avant la révolution, de quarante dignités de grand-croix, trente-quatre étaient affectées aux officiers de terre, y compris quatre affectées aux officiers des troupes de la maison du roi et six aux officiers de marine.
De quatre-vingts dignités de commandeurs, soixante-cinq étaient destinées aux officiers des troupes de terre, dont huit aux officiers de la maison du roi et quinze aux officiers de marine.
La marque de l'Ordre est une croix d'or à huit pointes pommetées de même, émailllée de blanc, bordée d'or anglée de quatre fleurs de lys aussi d'or, au champ de gueules, chargée au centre, de l'effigie de Saint-Louis, cuirassé d'or, et vêtu de son manteau royal, tenant de sa main dextre une couronne de laurier, et de la sénestre, une couronne d'épines et les clous de la passion ; entourée d'un cercle d'azur, chargée de cette légende en or : Ludovicus magnus instituit 1693.
Au revers est un médaillon de gueules, à une épée flamboyante ; la pointe, passée dans une couronne de laurier, liée de l'écharpe blanche ; le tout entouré d'un petit cercle d'azur, avec cette devise en lettres d'or : Bellicæ vertutis præmium.
Elle est attachée à un grand ruban rouge moiré, que les grand-croix et les commandeurs portent de droite à gauche
Les grand-croix la portent encore brodée en or, sur le côté gauche de leur habit.
Les chevaliers la portent attachée à la boutonnière de leur habit, par un petit ruban rouge couleur de feu.
Suivant l'édit du mois de mars 1694, il est statué que : « Tous ceux qui sont admis dans cet Ordre pourront faire peindre ou graver dans leurs armoiries, ces ornements, savoir : les grand-croix, l'écusson accolé sur une croix d'or, à huit pointes boutonnées par les bouts et un ruban large, couleur de feu, autour dudit écusson, avec ces mots Bellicae vertutis promium, écrits sur le ruban, auquel sera attachée la croix dudit Ordre ; les commandeurs de même, à la réserve de la croix sous l'écusson, et quant aux simples chevaliers, il leur est permis de faire peindre ou graver au bas de leur écusson, une croix dudit Ordre, attachée d'un petit ruban moiré, aussi de couleur rouge ».
Le roi a supprimé par un édit, en 1779, les officiers de cet Ordre ; en conséquence de cet édit, les sceaux ont été remis à monseigneur le garde des sceaux de France ; le même édit établit seulement trois officiers par commission, qui sont :
Le secrétaire-général greffier, intendant et garde des archives,
Le trésorier,
Et l'huissier.
D'après une ordonnance du roi, du mois de mai 1781, on n'admettait plus personne en qualité d'officier dans les troupes sans avoir préalablement fait preuve de quatre générations de noblesse paternelle, les enfants des chevaliers de Saint-Louis étaient exceptés de cette règle ; le plus ancien chevalier jouissait d'une pension de mille livres.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816