PATRON, subst. masc. En matière bénéficiale, c'était celui qui avait bâti, fondé ou doté une église ; en considération de quoi il avait ordinairement sur cette église un droit honorifique qu'on appelait patronage.
Les droits honorifiques consistaient dans la préséance à l'église, aux processions et aux assemblées qui regardaient le bien de l'église, à avoir le premier l'eau bénite, l'encensement, le pain béni, le baiser de la paix, la recommandation aux prières nominatives, un banc permanent dans le chœur, et une litre ou ceinture funèbre autour de l'église, tant au dedans qu'au dehors.
Dans l'église, la litre du Patron se mettait au-dessus de celle du haut-justicier ; au dehors, c'était celle du haut-justicier qui était au-dessus.
Il faut observer en cette occasion que les armoiries et titres ne prouvaient pas le droit de patronage, si elles n'étaient mises à la clef de la voûte du chœur ou au frontispice du portail.
Le droit de mettre des armoiries dans une église était personnel à la famille du fondateur ; il ne passait point à l'acquéreur, lors même que celui-ci succédait au droit de patronage.
Le Patron pouvait rendre le pain béni tel jour qu'il jugeait à propos, quoiqu'il ne demeurât point dans la paroisse.
Le droit de sépulture au chœur était même imprescriptible contre le Patron.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816