PÉAGE, subst. masc. était un droit qui se payait au roi, ou à quelqu'autre personne, par permission du roi, pour le passage des personnes, bestiaux, marchandises, sur un pont, chemin ou rivière, ou à l'entrée de quelque ville, bourg, ou autre lieu.
Les Péages recevaient différents noms, selon l'objet particulier pour lequel ils se percevaient comme barrage, pontonnage, passage, travers : on appelait aussi le Péagebillette, ou branchiete, à cause du billot ou branche d'arbre où l'on attachait la pancarte.
Le roi pouvait seul établir des Péages, et les seigneurs hauts-justiciers n'avaient pas ce droit. Si quelques-uns avaient des Péages dont ils ne rapportaient pas le titre primitif, c'était que la longue possession faisait présumer qu'il y en avait eu originairement une concession du roi ; et tous ceux qui n'étaient pas établis de l'autorité du roi, devaient être abolis.
Il y avait un droit de Péage fort singulier au comté de Lesmont en Champagne, au quinzième siècle ; en voici quelques articles.
Art. 14. Un cheval ayant les quatre pieds blancs, franc.
Art. 17. Un char chargé de poissons, 4 sols 2 deniers, et une carpe ou un brochet.
Art. 18. Un homme chargé de verres, 2 deniers ; s'il vend ses marchandises au lieu dudit comté, doit un verre au choix du comte, qui doit au marchand du vin plein le verre.
Art. 22. Un juif passant dans ledit comté, se doit mettre à genoux devant la porte du château, et recevoir un soufflet du comte ou de son fermier.
Art. 23. Un chaudronnier passant avec les chaudrons, doit 2 deniers, si mieux n'aime dire un pater un ave devant le château.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816