POURSUIVANT D'ARMES, subst. masc. Ce mot s'est dit autrefois des gentilshommes qui s'attachaient aux hérauts pour parvenir à leur charge, laquelle ils ne pouvaient exercer qu'après sept ans d'apprentissage passés dans cet emploi. Ils étaient de la dépendance des hérauts, et assistaient à leur chapitre. Un seigneur banneret pouvait avoir des Poursuivants sous l'aveu de quelque héraut.
Leur cotte d'armes étaient différente de celle des hérauts : les Poursuivants la portaient tournée sur le bras, les hérauts devant et derrière, et le roi d'armes la portait semée de fleurs de lys, la couronne sur l'écu.
Le détail des fonctions de leur ministère est amplement expliqué dans un manuscrit composé par René d'Anjou roi de Sicile et qui se conserve à la bibliothèque du roi. Dans un état de France fait et arrêté en 1644, il y a trois Poursuivants d'armes : le premier ayant 208 livres de gages, les deux autres chacun 100 livres.
La cérémonie de l'institution des Poursuivants d'armes était des plus solennelles ; ils étaient présentés par un héraut d'armes en habit de cérémonie à leurs seigneurs et maîtres pour être nommés. Ils ne devaient point être faits pendant une moindre fête qu'un dimanche. Le héraut les conduisait par la main gauche au seigneur, en présence de plusieurs témoins appelés à cet effet ; il lui demandait quel nom il lui plaisait que portât son Poursuivants d'armes, et le seigneur l'ayant déclaré, le héraut l'appelait de ce nom. Ces noms arbitraires contenaient souvent des devises énigmatiques, qu'on appliquait aux Poursuivants d'armes pour les distinguer. Il y en a plusieurs exemples dans les anciens titres ; cependant le Poursuivant ne faisait nul serment aux armes, et pouvait rendre les siennes sans méfaire, suivant un ancien manuscrit cité par le P. Ménétrier dans son livre de la chevalerie.
Les Poursuivants d'armes ont été supprimés par l'édit de juin 1784.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816