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ROTURIER, subst. masc. C'est le nom qu'on donnait anciennement à quiconque n'était pas compris dans la classe des nobles. Le mot roture vient de ruptura, qui signifie culture de la terre. On a appelé de ce nom les personnes non nobles parce que c'étaient elles seulement qu'on employait à la culture des campagnes.
Sous le gouvernement féodal les Roturiers vivaient dans la servitude ; ils ne pouvaient combattre qu'à pied tandis que les nobles combattaient à cheval ; c'est d'où dérive ce proverbe que vilain ne sait que valent éperons.
Les nobles seuls étaient sujets au ban, et les Roturiers à l'arrière-ban.
Les nobles devaient servir le roi à l'armée plus longtemps que les Roturiers.
Un Roturier ne pouvait être fait chevalier par d'autres chevaliers ; le roi seul avait ce droit. Le comte de Flandres et le comte de Nevers, son fils, ayant fait chevaliers deux roturiers, frères, le parlement les condamna chacun à une amende par arrêt de la Toussaint 1279 et de la Pentecôte 1280. Il condamna pareillement, par arrêt de la Saint-Martin 1281, chacun de ces Roturiers à mille livres tournois d'amende envers le roi. Cette somme excède seize mille livres de notre monnaie actuelle.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816
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