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Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries
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Vénerie du roi

Au Blason des Armoiries
 

VÉNERIE DU ROI. Quand le roi veut chasser dans les forêts de Fontainebleau, de Compiègne, de Senart, Saint-Léger, etc. il donne ses ordres au grand-veneur qui les donne au commandant. Celui-ci fait assembler les officiers du service à qui il donne l'ordre qu'il a reçu pour le jour du départ de l'équipage, et l'endroit où il doit aller : il règle l'heure et l'endroit où l'on doit aller coucher ; s'il y a plusieurs jours de marche, on choisit un valet de limier des plus intelligents pour aller devant, la veille du départ de l'équipage où il doit aller coucher, pour marquer grange ou écurie pour loger les chiens commodément, que l'endroit ferme bien et que les fenêtres ne soient point trop basses afin que les chiens n'y puissent sauter ; la faire bien nettoyer, la rendre propre, y faire une belle paille blanche et de bonne eau fraîche ; prendre du monde pour cette opération, et chercher pareillement des endroits plus petits pour y mettre les limiers, les lices en chaleur et les boiteux ; y faire pareillement mettre de belle paille et de l'eau fraîche ; qu'il y ait une cour qui ferme bien, de crainte qu'il ne sorte quelques chiens. On fait porter ordinairement le pain pour le souper des chiens, on le fait casser dans des vanesses et on le leur porte dans l'endroit, on leur en donne autant qu'ils en veulent manger ; il n'y aurait pas grand mal quand on leur casserait le matin quelques pains sur la paille, un peu avant de les coupler, ils en feront mieux la route. Pour ne pas retarder la marche de l'équipage, il faut faire mener doucement les vieux chiens. Les limiers sont conduits par un valet de limier, un valet de chien à cheval, et un valet de chien à pied, quand il y en a beaucoup ; s'il y en a peu, un valet de chien à cheval et un à pied suffisent ; en passant des forêts, si l'on fait bien, on les prend à la harde, de peur qu'ils n'échappent ; parce qu'ils sont moins dociles que les chiens de la meute ; on prévient encore par-là bien d'autres accidents. Les lices sont menées par un valet de chien à pied, la veille du départ ; le boulanger part deux jours avant l'équipage, pour préparer le pain, la mouée et tout ce qui concerne son état, afin que rien ne manque à l'arrivée de la meute. Le roi donne les voitures pour porter dans le voyage les ustensiles du fournil, du chenil, et les bagages des officiers et autres de service.

Tous les officiers de la Vénerie doivent accompagner la meule en habit d'ordonnance. Il doit y avoir un valet de limier devant l'équipage avec un fusil chargé pour tirer sur les chiens qui se trouveraient seuls sans maître, et qui auraient mauvaise mine, ou avertir ceux à qui ils appartiendraient, de les prendre, les attacher et s'éloigner du chemin ; de même avertir les voitures de s'arrêter avant d'arriver à la meute ; quand la route est longue et qu'il n'y a point de bois à passer, on doit laisser les vieux chiens et les plus sages en liberté, et les autres doivent être couplés en arrivant à l'entrée de quelque forêt. Il faut tout coupler et que les chiens soient bien environnés de cavaliers, le fouet haut, de crainte qu'ils n'éventent ou n'aient connaissance de voies qui ne feraient que passer ou des animaux ; on ne fait faire à l'équipage que 8 à 10 lieues par jours, quelque fois 12, quand on va de Versailles à Compiègne ; on a été coucher à la Chapelle, partir à minuit, rafraîchir à Garche, donner du pain et de l'eau aux chiens ; envoyer les vieux chiens quatre heures devant la meute, le lendemain faire six lieues, et tous arriver en bon état ; cela s'est pratiqué dans les chaleurs du mois de juin, en 1764. À la moitié de la route, on fait rafraîchir les valets de chiens, et donner du pain aux chiens. Ceux de l'équipage qui veulent boire un coup le font ; tout cela est sur le compte du roi.

Nos rois ont accordé de tout temps de grands privilèges aux officiers de leur Vénerie.

Il y a une ordonnance de Philippe-Auguste, rendue en 1218, qui donne aux officiers de la Vénerie, différentes exemptions et privilèges, et en 1344, Philippe-le-Bel les exempta de toutes contributions de tailles, subsides, d'emprunts, de guêts, de gardes, de péages passages et logements de guerre.

Ces exemptions et privilèges furent confirmés depuis successivement, en 1547, par Henri II ; en 1594, par Henri-le-Grand ; en 1639, par Louis XIII, qui déclare en outre tous les officiers de la Vénerie et fauconnerie, commensaux de sa maison, et en cette qualité, exempts de taille et de tout autre subside.

Enfin, par la déclaration rendue à Poitiers, par Louis XIV, en l'année 1652, en faveur des officiers de la Vénerie, il est dit expressément :

« Nous confirmons, par ces présentes, tous les privilèges, franchise, liberté et immunité, exemptions et affranchissements accordés aux officiers de nos Maisons royales, employés aux États de la Cour des aides  et à leurs veuves, durant leur viduité, voulant qu'elles soient quittes de toutes contributions. »

Le trésorier-général et le gentilhomme ordinaire de la Vénerie, sont maintenus dans la qualité d'écuyer, par arrêt du Conseil du 26 novembre 1697.

d'après le Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842)  — Paris, 1816

 

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