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CARTULAIRE (Cartularium, Chartularium). Recueil de chartes d'une même maison, disposées suivant l'ordre chronologique ou autrement.
Les églises et les monastères, qui comprirent l'utilité de ces recueils, en firent dresser à l'envi. Les plus anciens remontent au milieu du xe siècle. Ils furent en vigueur au xiie, et se continuèrent dans les siècles suivants.
Il y a des Cartulaires qui sont composés de titres originaux, et ce sont les plus rares, et d'autres qui ne renferment que des copies authentiques de ces mêmes titres. Ces derniers, quoique plus communs, sont d'un grand secours pour le sigillographe, qui, mieux qu'auprès de chartes originales, souvent privées de leurs sceaux, trouve dans ces copies de curieux renseignements au profit de la sphragistique, du blason et de l'histoire.
Car il est bon de savoir que les copistes chargés de ces recueils, ne pouvant joindre à leurs transcriptions les sceaux des originaux, les décrivaient avec assez de soin, afin de montrer qu'ils avaient vu, plus ou moins sains et entiers, ces vénérables témoins de l'authenticité des titres. C'est dans les Cartulaires du xive et xve siècle surtout que nous avons remarqué ce soin des copistes. C'est ainsi qu'au bas d'une charte transcrite mot à mot dans le Cartulaire du chapitre d'Évreux, coté 20, tit° Garenciéres, on lit ces détails de sphragistique, dont on comprendra tout l'intérêt :
« Scellée en double queue et cire blanche ou estoit figuré ij fleurs de lis et six coquilles de saint Jacques, le tout sain et entier, et estoit escript au dos (de la charte) : « Carta Rogeri Bataille, super decimis de Garenceriis - Anno m. ccxvii (1218). »
À la suite d'une autre transcription d'une charte de Robert, sire d'Ivry, même Cartulaire, tit° Jumelles, le copiste a eu soin de donner cette précieuse description du sceau de ce seigneur :
« Scellée en las de fil ouvré à l'eschiquier, et cire blanche, d'un grant seel où est figurey ung homme d'armes à cheval l'espée ou poing, l'escu à trois chevrons pendu à son col, le tout sain et entier, en seel et escripture, et estoit escript au dos (de la charte originale) : « Lictere Domini de Ibreyo super decimis et jure patronatus de Jumellis - A° m. ccxxxix (1239). »
Et ailleurs l'on trouve le même sceau avec son contre-scel ainsi décrit :
« … Et ou contre-seel pareil escu et armes à trois chevrons, le tout sain et entier, etc. »
Ce que l'on rencontre rarement dans ces descriptions de sceaux, c'est la reproduction de la légende.
d'après le Dictionnaire de sigillographie pratique
Alphonse Chassant & Pierre-Jean Delbarre — Paris, 1860
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