COULEURS DES SCEAUX DE CIRE. La cire des sceaux est ou blanche, ou jaune, ou rouge, ou verte, ou bleue, ou noire, ou composée.
• Cire blanche. La plupart des sceaux de nos rois mérovingiens, carlovingiens et des premiers capétiens sont en cire blanche, quoique par vétusté ils paraissent bruns.
Par un statut de Henri iii, roi de France, les sceaux de cire blanche sont affectés à l'ordre militaire du Saint-Esprit.
Les lettres royaux qui contiennent des concessions pour un temps étaient scellées en cire blanche.
• Cire jaune. La cire jaune ou naturelle n'a pas été employée au delà du xiie siècle. Les rois, princes, prélats, seigneurs et communautés s'en servirent ou s'en servaient encore au xviiie siècle pour les lettres de justice et les expéditions les plus ordinaires de la petite chancellerie.
• Cire rouge. La cire rouge, en raison de son éclat, a été aussi adoptée par les souverains. Guillaume le Roux, d'Angleterre, scellait en cette couleur. Les empereurs d'Allemagne et de Constantinople scellaient aussi en cire rouge.
Les sceaux des rois de France de la première et deuxième race offrent assez fréquemment une cire rougeâtre, plus ou moins pâle, plus ou moins brune.
Les évêques, les abbés, les communautés, les clercs et les seigneurs se servirent également de la cire rouge, surtout dans les jugements.
Les sceaux de cire rouge antérieurs au xiie siècle seraient suspects.
Au xviie siècle on réservait la cire rouge pour les affaires qui concernaient la Provence, le Dauphiné et les autres pays non réunis à la couronne.
Les papes s'en servent depuis plusieurs siècles pour sceller leurs brefs de l'anneau du pêcheur.
Beaucoup de chevaliers du xive siècle scellaient en cire rouge, comme en font foi plusieurs quittances délivrées au trésorier des guerres, par des chevaliers bannerets et autres, de 1351-1352-1366…, où nous lisons : « Scellé en cire rouge. » (Histoire de Bretagne, Preuves, par D. Lobineau, col. 493-494-495-496.)
• Cire verte. Les empereurs et les patriarches d'Orient scellaient en cire verte les lettres qu'ils écrivaient à certaines personnes. En France, cet usage ne semble pas remonter au delà du xiie siècle.
Les sceaux de cette couleur, sous les deux premières races et le commencement de la troisième, seraient faux. Philippe Auguste paraît être le premier de nos rois qui se soit servi de cire verte. Ses successeurs l'ont employée, mais non pas toujours. Elle devint d'un usage fréquent sous Charles v. Depuis le milieu du xive sièle elle fut réservée et destinée pour les lettres qui doivent durer à perpétuité ; pour les grâces, comme privilèges, anoblissements, etc., et pour les édits.
Les évêques, les grands seigneurs, les abbés, les dames nobles même scellèrent en cire verte.
• Cire bleue. On ne connaît qu'un seul exemple qui prouve que cette couleur ait été donnée aux sceaux, et encore il ne regarde que l'Allemagne : c'est quand Charles Quint accorda, en 1524, à un docteur de Nuremberg le privilège de sceller en cire bleue.
• Cire noire. L'ordre de Malte fit souvent usage de cette couleur ; et, en France, on citait les archives de Molesme comme présentant un sceau en cire noire de 1274.
• Couleur composée. Les sceaux composés de cires de diverses couleurs sont plus communs. Les sceaux des empereurs carlovingiens ont quelquefois un cercle, ou la bordure de l'empreinte est différente du fond. Quelquefois encore le sceau est d'une couleur et le contre-scel d'une autre, ou bien une portion de cire verte ou rouge est mêlée avec de la cire blanche.
« En chancellerie, dit de la Roque, la couleur verte était destinée pour les grâces ;
« La blanche, pour les ordres militaires ;
« La jaune, pour les affaires et les expéditions les plus ordinaires,
« Et la rouge, pour les choses qui concernent la Provence, le Dauphiné et autres pays non réunis à la couronne. » (Traité de la Noblesse.)
d'après le Dictionnaire de sigillographie pratique
Alphonse Chassant & Pierre-Jean Delbarre — Paris, 1860