ÉVÊQUE (Episcopus, Præsul). Prélat chargé de la conduite d'un diocèse. Dans les premiers siècles, les évêques ne scellaient qu'avec des anneaux dont les empreintes étaient arbitraires.
Dès le ixe siècle, quelques-uns eurent des sceaux différents des anneaux.
Au xe siècle, les évêques firent mettre leur propre figure sur leurs sceaux.
Au xie, on trouve tantôt les images des patrons de leur église, et tantôt leur propre représentation avec les habits pontificaux ; communs sur le déclin du xie.
Au suivant, ils conservent la forme ronde, mais ils ne tardent pas à devenir oblongs ou à prendre la forme ogivale pour la plupart, sur lesquels les évêques sont représentés les uns assis, les autres debout.
Les sceaux de plusieurs évêques eurent des contre-scels : celui de Hugues d'Amiens, archevêque de Rouen en 1145, est regardé comme le plus ancien avec contre-scel.
Au xiiie siècle, tous les évêques eurent des sceaux particuliers et authentiques, qu'ils appelaient seel de chambre (sub sigillo camere nostre). C'est au xive siècle qu'on vit les contre-scels des évêques chargés de leurs armes.
Les évêques du xive siècle continuèrent à sceller avec de grands sceaux portant leurs images. Après le milieu de ce siècle, nos évêques commencèrent à sceller avec des cachets ou petits sceaux, et à distinguer le grand du petit.
Vers le commencement du xve siècle, le petit prit la place du grand, sans qu'on puisse préciser l'époque où le grand sceau episcopal cesse d'être en usage.
Légende :
+ S'. N… DI. GRA. EPISCOPI N... Avec contre-scel, où se trouve souvent la Salutation angélique : ave maria gratia (1269).
La formule Dei gratia se montre sur les sceaux des évêques et des archevêques.
Sur le déclin du xiiie siècle, quelques évêques employèrent la formule sedis apostolice.
En général, les sceaux des évêques portaient leur nom, celui de leur siège et quelquefois des monogrammes.
d'après le Dictionnaire de sigillographie pratique
Alphonse Chassant & Pierre-Jean Delbarre — Paris, 1860