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Sigillographie - Sceaux

 
 
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Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries
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Introduction à la sigillographie

Au Blason des Armoiries
 

Si la numismatique est considérée comme une branche importante de l'archéologie, quelle estime ne doit-on pas faire de la sphragistique, qui, pour l'étude du moyen âge, est un si puissant auxiliaire.

En effet, après la science des médailles, en est-il une plus attrayante, plus instructive que celle qui a pour objet l'étude de ces milliers d'empreintes sigillaires fixées aux vieux parchemins que renferment les dépôts d'archives ? Quelle variété de types ! La frappe de ces espèces n'est pas limitée ici comme celle des monnaies. L'usage du coin monétaire n'appartenait qu'aux monarques et à quelques grands feudataires. L'emploi du sceau, au contraire, s'étendait à tous les individus ; il était pratiqué isolément ou collectivement. Ainsi, papes, empereurs, rois, princes, ducs, comtes, marquis, vicomtes, barons, chevaliers, écuyers, varlets, damoiseaux, châtelains, dames, baillis, tabellions, prélats, doyens, chanoines, abbés, prieurs, docteurs, ordres religieux et militaires, communautés ecclésiastiques et laïques, communes, juridictions, universités, commerçants, artisans, laboureurs, bourgeois, bourgeoises, simples possesseurs de terre, et même les sociétés burlesques, satiriques ou facétieuses, tous avaient leur sceau, sur lequel étaient gravés leur nom, leurs attributs, leurs titres, leurs emblèmes. Qui ne voit de suite l'utilité d'une science qui s'exerce sur un champ aussi vaste et aussi varié ? Et s'il était nécessaire de démontrer cette utilité par le témoignage des savants, nous ne manquerions pas d'autorités ; nous nous bornerons à une seule citation :

« La sphragistique ou connaissance des sceaux, dit le savant antiquaire Millin, est une source féconde d'instruction ; on y trouve la solution d'une infinité de questions, et les éclaircissements les plus curieux pour l'histoire, les généalogies, les usages, les costumes du moyen âge et l'hagiologie ou histoire des saints ; on y observe les progrès de l'art de la gravure. La sphragistique est la sœur de la numismatique (1) . »

Cependant ces précieux monuments de l'histoire furent longtemps négligés des antiquaires et des historiens français. Les sceaux n'étaient appréciés que des officiers publics, qui n'y voyaient qu'un signe d'authenticité, et rien de plus. Ce ne fut guère qu'au commencement du xviie siècle que quelques historiographes les utilisèrent comme documents. Nous devons aux bénédictins de savantes études sur les sceaux du moyen âge, et, dans leurs grands travaux historiques sur nos provinces, ils surent mettre à profit ces précieux matériaux, qu'ils faisaient graver pour servir de preuves à l'appui de leur texte. Les généalogistes des xviie et xviiie siècles en usèrent de même. Jusque-là les sceaux-matrices et les sceaux-empreintes figuraient fort peu dans les collections archéologiques. En 1811, l'antiquaire Millin disait encore, dans le Magasin encyclopédique, qu'il dirigeait alors : « Il est étonnant que la sphragistique soit aujourd'hui si négligée, et que personne ne pense à former de grandes collections de sceaux. »

Aujourd'hui, de telles plaintes ne peuvent plus se reproduire. Depuis l'impulsion donnée aux études historiques du moyen âge, sous le ministère et l'influence de M. Guizot, de riches collections de sceaux publiques (2) et particulières se sont formées ; de nouveaux traités sur la sphragistique générale (3), particulière et locale, ont été publiés ; mais est-ce à dire qu'on a exploré en entier le vaste champ dont nous avons fait voir toute la richesse ; qu'on a préservé de toute destruction les sceaux en cire, devenus si friables par la vétusté, et que froissent les liasses de parchemins ; que l'on n'a plus rien à redouter de la négligence et de l'ignorance ; qu'il ne se trouvera plus de nouveaux Vandales, les uns pour séparer les sceaux de leurs chartes, les autres pour les convertir en cire à bouteille (historique) ; que tout a été vu, dessiné et décrit avec exactitude ; que la sphragistique enfin est une science épuisée ? Non ! loin s'en faut. Il reste encore, et pour bien des années, aux gens studieux bon nombre d'archives publiques et particulières à explorer, de nombreuses collections à visiter, comme moyens d'étude ; et aux collectionneurs, comme mesures de sauvetage, à fureter chez les brocanteurs, les marchands de vieille ferraille, pour arracher au vieux cuivre et sauver de la fonte les sceaux-matrices, et recueillir les empreintes en cire, égarées chez les marchands de parchemins et d'antiquités.

La sphragistique, autrement dite la sigillographie, est donc une science que les explorateurs du moyen âge, les historiens, les archivistes et les paléographes ne sauraient aujourd'hui négliger sans se priver de renseignements du plus haut intérêt.

Voulant contribuer, autant qu'il est en nous, à propager l'étude de la sigillographie, et faciliter aux jeunes archéologues, que les grands traités effraient, les abords de cette science et leur en faire apprécier tout l'intérêt, nous avons rédigé, pour leur plus grande commodité, ce Dictionnaire de sigillographie pratique, où nous nous sommes efforcés de réunir, dans un format portatif, toutes les notions les plus essentielles de la sphragistique. Nous espérons qu'il leur sera d'un grand secours et leur épargnera des recherches pénibles en leur livrant tout de suite, dans l'ordre alphabétique, la définition d'une expression, d'une formule, ou d'une appellation, latine ou française, la solution d'une difficulté d'abréviations, la réponse à une question de forme, de matière, de couleur, d'attache ou de date, l'interprétation d'une légende et toute explication, que soulève l'examen d'un sceau dans toutes ses parties, et nous avons la confiance que ce livre ne sera pas moins utile aux personnes qui forment des collections de sceaux, ou qui travaillent dans les dépôts d'archives.

Comme ce Dictionnaire n'est qu'une exposition abrégée des principes généraux de la science, pour les personnes qui désireraient s'instruire plus à fond, connaître les moindres détails, étudier les spécialités et toutes les particularités de la sphragistique, nous avons jugé à propos de donner à la fin du volume une Bibliographie sigillographique.

On y trouvera non seulement des traités généraux ou particuliers sur la matière, mais encore plusieurs ouvrages historiques et généalogiques qui contiennent des planches de sceaux.

Tel est notre livre : s'il obtient quelques succès, nous les devrons aux leçons des grands maîtres dont nous avons souvent invoqué l'autorité. Toutefois nous n'oublierons pas les communications obligeantes de M. Eugène Noury, dont la belle collection de sceaux-matrices nous a été si utile.

A. CH.

d'après le Dictionnaire de sigillographie pratique
Alphonse Chassant & Pierre-Jean Delbarre — Paris, 1860

 
 

Notes de l'auteur

1- Magasin encyclopédique, t. IV, 1811.
2- Comme collections publiques importantes, nous citerons : Ie la belle collection d'empreintes moulées, commencée d'abord aux Archives impériales par MM.  Daunou et Letronne, continuée et classée par M. le comte de Laborde ; 2° la collection des sceaux-matrices du Louvre ; 3° celle formée au palais des Beaux-Arts par M. Depaulis, célèbre graveur en médailles.
3- Du nombre de ceux-ci est le grand ouvrage édité par le gouvernement, en 1838 ; — Éléments de paléographie, 2 vol. in-4°, rédigés par M. de Wailly, et dont le 2e vol. est consacré tout entier à l'étude des sceaux, avec de nombreuses planches. — Voir pour les autres la Bibliographie sigillographique qui fait suite à ce Dictionnaire.

  
 

 
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