LÉGENDES. Les légendes ou inscriptions des sceaux offrent au paléographe de curieux sujets d'étude. De même que dans les monnaies et les marbres, on y observe une écriture qui se modifie de siècle en siècle, et qui demande, pour se laisser pénétrer, à être étudiée dans ses divers éléments, ses abréviations, son orthographe, ses lettres conjointes, ou monogrammatiques, ses lettres enclavées, retournées, couchées, dans les signes abréviatifs qu'elle emploie, et dans toutes les irrégularités que l'ignorance ou le caprice y ont introduites. (V. chacun de ces mots.)
Les sceaux des ducs, des comtes et autres grands vassaux de France ont des légendes très laconiques et fort simples jusqu'au xiie siècle inclusivement ; mais, dès le xiiie, elles devinrent plus étendues.
Il n'est pas rare de rencontrer des sceaux sans légendes.
En 1237, le cardinal Othon, légat en Angleterre, fit un statut qui ordonnait aux archevêques, évêques, abbés, prieurs, doyens, officiaux, d'avoir chacun leurs sceaux sur lequel leur nom propre et celui de leur dignité, office ou communauté, fussent gravés en caractères clairs et lisibles pour tout le monde, afin que leur sceau pût passer pour authentique.
d'après le Dictionnaire de sigillographie pratique
Alphonse Chassant & Pierre-Jean Delbarre — Paris, 1860