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Sigillographie - Sceaux
 
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Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries
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Lettres closes, Missives scellées

Au Blason des Armoiries
 

LETTRES CLOSES, MISSIVES, SCELLÉES. Au moyen âge, les lettres missives et les actes secrets étaient scellés avec les mêmes précautions que nous mettons aujourd'hui à cacheter toutes sortes de lettres.

Au xiiie et au xive siècle, on connaissait plusieurs manières de fermer les lettres :

  1. En pliant la lettre à laquelle on faisait une ou deux incisions pour faire passer par tous les plis des lacs de soie, ou une bande­lette de parchemin dont les bouts étaient fixés sous la cire et scellés ;
     
  2. En découpant au bas de la lettre une queue de parchemin, et pliant la lettre à laquelle on faisait une ouverture pour passer la queue : celle-ci, également scellée à son extrémité, servait encore à mettre l'adresse ;
     
  3. En pliant la lettre qu'on mettait sous une bande qui recevait l'adresse, et dont les bouts étaient pris dans la cire, recouverte ou non d'un papier ;
     
  4. Et enfin en disposant les plis d'une lettre de manière à ce que les deux extrémités opposées puissent s'engager l'une dans l'autre, et recevoir à leur point de jonction l'empreinte de cire. (V. Note sur les Sceaux des lettres closes, par Léop. Delisle ; Bibl. de l'École des chartes, t. ii, 6e livrais., 1856.)

« Indépendemment des actes publics, dit M. de Wailly, que l'on pourrait désigner sous le nom de lettres patentes, en prenant ce terme dans l'acception la plus large, on trouve aussi dans les archives des actes secrets qui ne pouvaient être scellés de la même manière, parce que le sceau était destiné à les fermer. Les brefs des papes étaient entourés souvent d'une bandelette de parchemin qui empêchait de les déplier, et sur laquelle on imprimait l'anneau du pêcheur ; souvent aussi le sceau était placé comme les cachets le sont aujourd'hui sur nos lettres missives. Il existe aux Archives du Royaume (f. 312) plusieurs lettres qui sont cachetées de cette manière ; elles ont été adressées, vers l'an 1268, à Alphonse, comte de Poitiers et de Toulouse, par des cardinaux et des évêques d'Italie… Quelques-unes de ces lettres sont sur papier de coton, les autres sur parchemin ; elles avaient été pliées de manière à ce qu'une des deux extrémités pût être insérée entre les replis de l'extrémité opposée ; elles portent d'ailleurs la trace d'un sceau appliqué au point de réunion et qu'il fallait briser pour prendre lecture du contenu. » (Éléments de Paléographie, t. ii, p. 28-29.)

Le Roman du Châtelain de Coucy, écrit vers la fin du xiiie siècle, nous fournit, dans les vers suivants, des détails curieux sur l'emploi du sceau-cachet pour les lettres privées :

« Et si t'aporteray deus mos
En un poy de parchemin clos. »         p. 104.

« A sa dame vint qui atourne
Tout ce qui affiert pour escrire :
Apresté a séel et cire
Lors commencent lor lettre à faire. »   p. 105.

« Quant la lettre fut devisée,
Et close estoit séellée
La pucelle errant la porta
Au garçon, et li commanda
Que il au chastelain le baille... »       p. 106.

« Et li a dit : Ma Damoiselle,
Que Diex doinst hui honnour et joie !
Ceste lettre-cy vous envoie,
Et vous prie que vous les lisiez
Et che que trouverrés faciès :
Adieu, ne vous sait plus que dire.
Va-t'en donc, que Dieu te gart d'ire,
Dist li chastelains ; puis brisa
Le saiel, et la lettre esgarda,
Et l'a leue de cbief en chief, etc. »     p. 133.

« La lettre fist escrire ainsy
………
Lors l'a ploié et séellée,
Et puis, sans faire demourée
Son seel geta en la mer. »               p. 254.

« Puis li a le sel monstré
Et après li a demandé :
Connaissiés-vous ces armes-cy?
C'est dou Chastelain de Coucy.
En sa main la lettre li baille… »          p. 267.

(Li Roman dou Chastelain de Coucy.)

d'après le Dictionnaire de sigillographie pratique
Alphonse Chassant & Pierre-Jean Delbarre — Paris, 1860

 
 
  
 

 

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