AU BLASON DES ARMOIRIES Vous êtes ici : Au Blason des Armoiries : blason, héraldique, noblesse, féodalité, ordres de chevalerieBlason des Armoiries » Institutions » Instruction publique  
Généalogie

 
 RECHERCHES SUR LE SITE
 
Généalogie

 

Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries
Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries

 

 

Instruction publique

Au Blason des Armoiries
 
  1. État de l'instruction publique sous la domination romaine et franque ; école palatine
  2. Universités
  3. Collège de France
  4. Essais d'organisation de l'instruction publique ; université moderne

 

État de l'instruction publique sous la domination romaine et franque ; école palatine

L'instruction publique a été de toutes les branches d'administration celle qui, après la chute de l'empire romain, a le plus longtemps échappé à l'influence du pouvoir central. Les empereurs romains avaient fondé dans la Gaule des écoles célèbres et les avaient richement dotées. On cite entre autres les écoles de Lyon, de Bordeaux, de Trêves, où enseignèrent des rhéteurs éloquents. Les invasions firent disparaître ces grands centres d'instruction publique. Le clergé fut seul chargé, pendant plusieurs siècles, de l'éducation et de l'instruction de la jeunesse. Il y avait presque toujours une école annexée aux monastères bénédictins, et quelques-unes de ces écoles étaient très florissantes. On cite entre autres l'abbaye de Saint-Wandrille ou Fontenelle (près de Caudebec, dans la Seine-Inférieure), comme ayant réuni plus de trois cents écoliers. Charlemagne donna une vigoureuse impulsion à ces études qui se ressentaient de la barbarie de l'époque. En même temps qu'il organisait, sous le nom d'école palatine, une véritable académie dans laquelle lui-même prenait part aux discussions scientifiques Il огdonnait de fonder des écoles près de chaque monastère et de chaque cathédrale. Le nom de parvis rappelle encore aujourd'hui la destination des places voisines des cathédrales ; c'était là que les enfants recevaient l'instruction (a parvis educandis). Le lien que Charlemagne avait voulu établir entre les diverses écoles de son empire se rompit après sa mort ; il n'y eut plus que des écoles ecclésiastiques, dont quelques-unes sont restées célèbres.

 

Universités

Lorsque la royauté sortit de tutelle et entra dans une voie de réforme et de progrès, elle ne négligea pas l'instruction publique. Le roi de France, qui vainquit la féodalité à Bouvines, fut le véritable fondateur de l'Université. Ce fut en 1200 que Philippe Auguste accorda aux diverses écoles de Paris des privilèges qui en firent une corporation ou université. Elles obtinrent des rois et des papes une constitution presque indépendante : nomination du recteur, juridiction sur les écoles et les métiers qui s'y rattachaient, privilèges de toute nature garantis par les bulles du saint-siège, tout contribua à faire de l'université de Paris une puissante corporation. La plupart des princes qui succédèrent à Philippe Auguste confirmèrent les privilèges de cette fille aînée des rois de France. Toulouse, Montpellier, Orléans, Cahors, Avignon, Orange [1], Angers, Perpignan, Aix, Valence, Dôle, Poitiers, Bordeaux, Besançon, Angoulême, Caen, Bourges, Dijon, Nantes, Rennes, Pont-à-Mousson, Pau, Douai, Strasbourg et Nancy eurent successivement leurs universités provinciales, sans lien et sans principes communs, diverses d'organisation, de juridiction et d'enseignement.

L'université de Paris, forte de ses privilèges pontificaux et royaux, du nombre de ses écoliers, et de sa réputation européenne qui attirait l'Italien saint Thomas d'Aquin, l'Allemand Albert le Grand, l'Espagnol Baymond Lulle, l'Anglais Duns Scott, l'université de Paris se crut indépendante de l'autorité centrale et se compromit par une dangereuse ambition. On la vit plus d'une fois intervenir dans le gouvernement, et principalement pendant les troubles de 1413. Ces abus provoquèrent une réforme qui s'accomplit sous Charles vii ; l'université de Paris fut alors soumise à la surveillance du Parlement [2] et, depuis celte époque, elle perdit l'arrogante indépendance qui avait produit tant de désordres. Vainement, dans la suite, elle voulut profiter de la bonté de Louis xii pour recouvrer des libertés anarchiques. Cette tentative fut réprimée, et l'autorité centrale étendit son influence sur l'Université aussi bien que sur le clergé et la noblesse.

 

Collège de France

L'institution du collège des trois langues par François ier fut vainement attaquée par l'université de Paris ; cette corporation ne put empêcher la fondation d'un établissement rival, qui prit, plus tard, le nom de collège de France et devint un promoteur zélé et glorieux du progrès intellectuel. L'autorité centrale continua lentement, mais cependant d'une manière sensible, à s'emparer de la direction de l'instruction publique. L'ordonnance de Blois, en 1579, soumit toutes les universités du royaume à l'inspection de commissaires délégués par la puissance royale [3]. La Ligue marque le dernier terme de l'effervescence politico-religieuse des universités ; elles rentrèrent dans l'ordre sous Henri iv. Renfermées alors dans leur mission scientifique, elles obtinrent de nouveaux privilèges et le droit exclusif de conférer les grades (ordonnance de janvier 1629). L'étude du droit, qu'une bulle avait exclue de l'université de Paris, y fut introduite par Louis xiv [4] ; la médecine reçut de ce prince des règlements uniformes ; enfin, Louis xiv voulut, comme Charlemagne, doter chaque village d'une école (ordonnance de 1698). Ainsi, les universités, d'abord indépendantes des parlements, furent progressivement soumises à la puissance de ces cours qui représentaient l'autorité monarchique, et à l'inspection de commissaires délégués par le pouvoir central. Des ordonnances royales régirent l'instruction publique, et imposèrent aux universités des statuts uniformes pour la collation des grades.

 

Essais d'organisation de l'instruction publique ; université moderne

Malgré ces essais d'organisation, il n'y avait pas d'unité dans l'instruction publique avant la révolution de 1789. L'Assemblée constituante s'occupa d'établir un vaste système d'écoles qui devait embrasser la France entière ; un rapport remarquable de l'évêque d'Autun, Talleyrand, témoigne du zèle de l'assemblée ; mais le temps lui manqua. La Convention s'efforça de tout organiser ; mais elle ne put qu'ébaucher les institutions. À Paris, une école normale dont les leçons étaient suivies par douze cents instituteurs, des écoles spéciales pour la marine, les travaux publics (plus tard École polytechnique) : une école militaire, appelée dans l'origine École de Mars ; des écoles centrales dans chaque département ; des écoles primaires dans chaque commune, prouvent avec quelle ardeur fut conçu et ébauché le projet d'un vaste système d'instruction publique Mais il y avait plus de grandeur que de maturité dans les idées de cette époque. Napoléon, avec cet esprit pratique et ce ferme bon sens qui s'unissaient en lui au génie créateur et en rehaussaient le mérite, Napoléon ramena le système d'instruction publique à des proportions plus raisonnables. Les écoles centrales devinrent des lycées soumis à une discipline régulière et donnant un enseignement approprié à de jeunes intelligences ; l'École normale fut la pépinière du professorat, et l'Université, qui s'étendait à la France entière eut son grand maître et son conseil, dépositaires des traditions et gardiens de la discipline. L'enseignement public reçut le même caractère d'unité que les autres institutions de la France.

Le temps a peu à peu modifié l'organisation universitaire ; il en a fait disparaître ce qu'elle avait d'exclusif et de tyrannique ; les sciences morales y ont déjà pris et y conserveront sans doute la place qui leur appartient dans les sociétés modernes. La liberté a été consacrée par les lois du 15 mars 1850 et du 12 juillet 1875. Mais quant au principe même de l'Université, c'est-à-dire l'unité de de direction appliquée à l'instruction publique, il est la conséquence de notre organisation administrative tout entière ; y porter atteinte, ce serait attaquer l'unité même de la France [5]. La difficulté du problème consiste à reconstituer les anciennes universités, nécessaires à la vie intellectuelle des provinces, tout en maintenant l'unité administrative et la légitime surveillance de l'État.

 

d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899

 

Notes de l'auteur

1. Les villes d'Avignon et d'Orange étaient soumises à une autorité étrangère.

2. Ordonnances des rois de France, t. xiii, p. 457.

3. Ordonnance de Blois, art. 78 ; Anciennes lois françaises, t. xiv, p. 380 et suiv.

4. Anciennes lois françaises, t. xix, p. 195-202.

5. Voy. les articles Collège de France, Écoles, Instruction publique, Université, et les indications bibliographiques à la suite de ces articles. Un des ouvrages les plus importants à consulter, est celui de M. Troplong, intitulé : Du pouvoir de l'État sur l'enseignement, d'après l'ancien droit public français (Paris, 1844, in-8).

Au Blason des Armoiries

Recevoir les mises à jour :


Au Blason des Armoiries

 

Plan du site | Mises à jour | RSS | Presse | Liens
Partenariats | Webmestres | Infos légales | Contact

Copyright © Au Blason des Armoiries Tous droits réservés – 2005-2008

 

Au Blason des Armoiries
 

Partenariats : Agir XIX - Annuaire de généalogie - Annuaire des artisans d'art
Armorial Général - Ascendance et généalogie - Charles de Flahaut - Château de Moyen
Historia Nostra - Le Passé Présent - Rois et Présidents

Devenir partenaire ?