AU BLASON DES ARMOIRIES Vous êtes ici : Au Blason des Armoiries : blason, héraldique, noblesse, féodalité, ordres de chevalerieBlason des Armoiries » Vie quotidienne » Académie  
Noblesse & Féodalité

 
 
Noblesse & Féodalité

 

Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries
Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries

 

 

Académie

Au Blason des Armoiries
 

Académie. — Ce mot, tiré du jardin d'Academos où Platon rassemblait ses disciples, désigne toute réunion qui se propose d'encourager et de propager le travail intellectuel. À toutes les époques où la culture des lettres a été en honneur, il s'est formé des académies. L'école palatine de Charlemagne, où l'empereur siégeait sous le nom de David, à côté d'Alcuin et des plus savants hommes du temps, était une véritable académie. Plus tard, les cours d'amour ont eu le même rôle. Lacurne Sainte-Palaie (Dictionnaire manusc. des antiquités françaises, v° Académie) parle, d'après les anciens romans de chevalerie, de plusieurs excellents personnages provençaux qui s'assemblaient tous les jours, faisant une académie auprès de l'abbaye de Thoronnez et auxquels se joignaient quelques religieux de ce monastère. En 1323, Charles le Bel sanctionna la fondation, à Toulouse, de la célèbre académie des Jeux Floraux. Les mainteneurs de la gaie science, devaient, on l'espérait du moins, faire revivre la littérature élégante et ingénieuse des troubadours. Dans la suite, Clémence Isaure institua des prix pour encourager la gaie science, l'amarante d'or pour l'ode, la violette d'argent pour une pièce en vers alexandrins, l'églantine d'argent pour un morceau en prose, le souci d'argent pour une élégie, églogue ou idylle. Le lis d'argent a été ajouté dans la suite pour un hymne à la Vierge. Le nombre des maîtres de la gaie science est de trente-six ; cette académie s'est maintenue depuis le xive siècle jusqu'à nos jours, sauf une courte interruption pendant la révolution.

La France septentrionale voulut aussi avoir ses concours de poésie et il s'etablit des Puys en l'honneur de l'Immaculée conception de la Vierge, des Jeux sous l'Ormel et autres réunions littéraires, dont les noms variaient, mais dont le but était semblable. En 1486, le Puy ou l'honneur de l'Immaculée conception de la vierge s'organisa à Rouen, et fonda un concours de poésie pour couronner les chants royaux, ballades, rondeaux, stances qui célébreraient avec le plus d'éclat les mérites de la Vierge. Le retour des mêmes pensées et des mêmes formes fit donner à ces chants le nom de Palinods. Le président de cette académie s'appelait le Prince des Palinods. Sous Charles ix, en 1570, il s'établit à Paris une académie pour la langue française dont Ronsard fut le principal fondateur. La Croix-du-Maine, à l'article de Jean-Antoine de Baïf, dit qu'il florissait encore à Paris, en 1584, une académie « fréquentée de toutes sortes d'excellents personnages, voire des premiers de ce siècle. »

Les véritables académies ne datent en France que du xviie siècle. Le cardinal de Richelieu fonda, en 1635, l'Académie française, dont la mission était de fixer la langue. Elle s'est composée, dès le principe, de quarante membres, et a travaillé à la rédaction du Dictionnaire de la langue française, dont la première édition parut en 1694. Cet ouvrage était dû, en grande partie, à Vaugelas. La dernière édition, publiée en 1835, est précédée d'une introduction par M. Villemain.

L'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, établie par Colbert, en 1663, avait d'abord pour mission de composer les inscriptions des monuments élevés par Louis xiv, et de faire frapper des médailles en l'honneur du grand roi ; mais, grâce à la direction de quelques hommes éminents, elle est devenue l'arbitre de la saine critique et de l'érudition appliquée à l'histoire et à l'archéologie. La collection de ses mémoires, dont le premier volume a été publié en 1717, est un des plus précieux monuments de la science moderne. L'Académie des Inscriptions et Bettes-Lettres continue les travaux historiques des Bénédictins : Le Recueil des historiens de France et la France littéraire. Elle est encore chargée d'achever le Recueil des Ordonnances des rois de France, de publier une Collection des historiens des Croisades, les Notices des manuscrits, etc.

Colbert fonda en 1666, l'Académie des Sciences, l'Académie royale de Peinture et de Sculpture, en 1667 ; l'Académie d'Architecture, en 1671, et l'Académie de Musique, en 1672. L'Académie des sciences publie, comme l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, une collection de mémoires dont le premier volume parut en 1699 ; un bulletin périodique paraît sous la direction de ses secrétaires.

La Convention remplaça, en 1794, ces diverses académies par un Institut national divisé en quatre classes : Sciences mathématiques et physiques, sciences morales et politiques, littérature et beaux-arts. Chaque classe se subdivisait en plusieurs sections. L'Institut fut organisé, sous le Directoire, d'après le décret de la Convention. Le gouvernement consulaire modifia cette organisation le 3 pluviôse an xi, supprima la classe des sciences morales et politiques, et établit quatre classes ainsi divisées : Sciences physiques et mathématiques, langue et littérature françaises, histoire et littérature ancienne, beaux-arts. En 1816, Louis xviii rendit aux diverses classes le nom d'académies ; l'ensemble des quatre académies conserva le nom d'Institut. Enfin, le 29 octobre 1832, une ordonnance, rendue sur le rapport de M. Guizot, rétablit la classe des sciences morales et politiques.

L'Institut de France est aujourd'hui divisé en cinq classes qui se recrutent par élection ; les nominations doivent être approuvées par le chef du pouvoir exécutif, sur le rapport du ministre de l'Instruction publique. Chaque classe de l'Institut a des membres correspondants et des associés libres. Les président et vice-président se renouvellent périodiquement ; les secrétaires seuls sont perpétuels et donnent aux travaux des académies un caractère d'unité. Outre les séances publiques de chaque académie, il y a une séance générale des cinq classes où la présidence est dévolue alternativement aux présidents des diverses académies. Dans son organisation actuelle, ce corps illustre présente la plus haute expression du génie français dans toutes les branches des sciences, des lettres et des arts ; il manifeste en même temps la féconde unité de la France, dont les lumières se concentrent dans ce foyer pour éclairer toute la nation. Il encourage et dirige les travaux de l'esprit par ses publications et par des prix que la munificence de l'État, ou des fondations particulières, lui permettent de distribuer chaque année. Grâce aux legs de M. de Montyon, l'Académie française récompense des actes de vertu et les ouvrages les plus utiles aux mœurs. M. Gobert a aussi fondé des prix pour les ouvrages les plus éloquents et les plus savants sur histoire de France.

D'autres sociétés se sont formées à Paris et dans les départements, pour favoriser le progrès intellectuel. Telles sont, à Paris, l'Académie royale de Médecine, la Société de Médecine, la Société royale des Antiquaires de France, etc. L'industrie, le commerce et l'agriculture ont aussi leurs sociétés d'encouragement. Le principe de la division du travail s'est peu à peu appliqué aux académies, et aujourd'hui chaque branche spéciale des connaissances humaines a son cercle scientifique ou littéraire. La Société de l'Histoire de France, fondée en 1833, est une de celles qui ont le plus activement secondé le travail intellectuel. Il serait trop long d'énumérer toutes les académies des départements ; les principales sont établies à Aix, Besançon, Bordeaux, Caen, Clermont, Dijon, Douai, Lyon, Marseille, Metz, Montpellier, Nancy, Nîmes, Poitiers, Rouen, Strasbourg, Toulouse.

Le mot académie désignait encore aux xviie et xviiie siècles un lieu où l'on se réunissait pour jouer, et surtout une école d'équitation. Mme de Motteville parlant de l'entrée des ambassadeurs de Pologne à Paris, en 1645, dit : « Après eux venaient nos académistes, » c'est-à-dire les jeunes nobles qui s'exerçaient dans les manèges d'équitation. On rapporte la fondation de cette école d'équitation à un écuyer de la grande écurie de Henri iv, nommé Pluvinel. Le premier, il dressa des chevaux et établit un manège au-dessous de la galerie du Louvre, dans une salle que lui accorda Henri iv. Il s'adjoignit des maîtres qui enseignaient à ses élèves à voltiger à cheval, à danser, à jouer du luth, et qui même les instruisaient dans les mathématiques et autres sciences. Après Pluvinel, l'Académie du Louvre fut tenue jusqu'à la révolution par des écuyers en réputation.

d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel — Paris, 1855

 

Au Blason des Armoiries

Recevoir les mises à jour :


Au Blason des Armoiries

 

Plan du site | Mises à jour | RSS | Presse | Liens
Partenariats | Webmestres | Infos légales | Contact

Copyright © Au Blason des Armoiries Tous droits réservés – 2005-2008

 

Au Blason des Armoiries
 

Partenariats : Agir XIX - Annuaire de généalogie - Annuaire des artisans d'art
Ascendance et généalogie - Château de Moyen - Historia Nostra - Le Passé Présent
Rois et Présidents

Devenir partenaire ?