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Baron. — Le nom de baron vient du mot bar, qui, en langue germanique, signifiait homme par excellence, et répondait au latin vir. Le titre de baron était dans l'origine un des plus illustres, et paraissait renfermer tous les autres. Les contemporains de Guillaume le Conquerant l'appelaient le fameux baron ; un ancien historien appelle Louis viii baron. Il semble, dit Lacurne Sainte-Palaye (Dictionn. des antiq. fr., v° Baron), que les titres de barons, marquis, ducs et comtes étaient souvent confondus au moins dans les premiers temps du régime féodal. Le nom de baron paraît avoir été le terme générique pour toute espèce de grand seigneur, celui de duc pour toute espèce de chef militaire, celui de comte et de marquis pour tout commandant d'un territoire. Ces titres sont employés à peu près indistinctement dans les romans de chevalerie. Lorsque la hiérarchie féodale fut constituée, le nom de baron désigna un seigneur d'un rang inférieur au comte, et supérieur au simple chevalier. (Voy. Féodalité.) Le mot baronnie indiquait aussi, dans les premiers temps, un fief d'une haute importance. Les lettres des rois, qui assignent des apanages à leurs frères, indiquent qu'ils doivent être tenus en comté et baronnie (in comitatum et baroniam).
Le chef de la maison de Montmorency prenait le titre de premier baron de France ; ce fut en 1390 que Jacques sire de Montmorency, se donna cette qualification ; son avocat exposa ses titres devant le parlement de Paris. Il en résultait qu'à l'époque où Robert le Fort, bisaïeul Hugues le Capet, s'était emparé du duché de France, le baron de Montmorency lui avait le premier prêté serment de vassalité et était ainsi devenu premier baron du duché de France.
d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899
BARON. Le germanique bahr, le latin vir, l'espagnol varon, donnent le sens assez exact du mot baron, aux époques où il ne servait pas encore exclusivement à désigner une dignité féodale. Le roi d'Aragon Jacques Ier, dans sa Chronique écrite en idiome catalan (xiiie siècle), emploie le mot barons, en s'adressant à une réunion de bourgeois. Homme, homme lait, homme par excellence, homme fort, homme puissant, homme plus fort et plus puissant que les autres, telles sont les nuances par lesquelles a dû passer le mot baron, avant d'acquérir sa signification spécialement féodale.
Le titre de baron était dans l'origine un des plus illustres et paraissait renfermer tous les autres. Les contemporains de Guillaume le Conquérant l'appelaient le fameux baron ; un autre historien nomme Louis vii, baron. Il semble, dit La Curne de Sainte-Palaye, que les titres de barons, marquis, ducs et comtes étaient souvent confondus au moins dans les premiers temps du régime féodal. Le nom de baron paraît avoir été le terme générique pour toute espèce de grand seigneur, celui de duc pour toute espèce de chef militaire, celui de comte et de marquis pour tout commandant d'un territoire. Ces titres sont employés à peu près indistinctement dans les romans de chevalerie. Lorsque la hiérarchie féodale fut constituée, le nom de baron désigna un seigneur d'un rang inférieur au comte, et supérieur au simple chevalier. Le mot baronnie indiquait aussi, dans les premiers temps, un fief d'une haute importance. Les lettres des rois, qui assignent des apanages à leurs frères, stipulent qu'ils doivent être tenus en comté et baronnie (in comitatum et baroniam).
Le chef de la maison de Montmorency prenait le titre de premier baron de France ; ce fut en 1390 que Jacques Ier, sire de Montmorency, se donna cette qualification ; son avocat exposa ses titres devant le Parlement de Paris. Il en résultait qu'à l'époque où Robert le Fort, bisaïeul de Hugues le Capet, s'était emparé du duché de France, le baron de Montmorency lui avait le premier prêté serment de vassalité et était ainsi devenu premier baron du duché de France. (A. CHÉRUEL. — Dictionnaire historique des Institutions de la France.)
d'après le Dictionnaire archéologique et explicatif de la
science du blason
Comte Alphonse O'Kelly de Galway — Bergerac, 1901
BARON,
subst. masc., qualité ancienne et honorable parmi
la noblesse, mais particulièrement en France, en Allemagne
et en Angleterre. Par les Barons on
entendait anciennement en France les vassaux qui relevaient immédiatement
du roi ;
et ainsi ce mot comprenait indifféremment les ducs, les
marquis, les comtes et autres seigneurs, que le roi appelait
ordinairement ses Barons.
Mais, pour restreindre le mot de Baron à sa
propre et ordinaire signification, il n'est à présent
que pour le degré de noblesse qui marche après
les ducs, les marquis, les comtes et les vicomtes.
On sait qu'en Allemagne il y a des Barons souverains
qui ont droit de vie et de mort sur leurs sujets ; et en
France, d'après
l'ordonnance de saint Louis de 1270, le Baron avait
haute et basse justice dans sa terre. Voyez Titres
et qualités,
et le mot Chevalier.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816
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