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Généalogie

 
 
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Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries
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Clergé régulier

Au Blason des Armoiries
 

Clergé régulier. — On appelle clergé régulier celui qui est soumis à une règle spéciale et qui vit en communauté. Nous avons indiqué le développement chronologique des ordres monastiques au mot Abbaye. Voici la liste alphabétique des principaux couvents d'hommes et de femmes établis en France :

Anglaises (Filles). Bénédictines anglaises ; elles avaient à Paris un couvent qui datait de 1620.

Anglaises (Dames). Ces religieuses, connues aussi sous le nom de Filles de la Conception, vinrent s'établir à Paris en 1633 ; elles suivaient la règle de Saint-Augustin.

Annonciades. Il y avait plusieurs ordres religieux de ce nom ; l'un fut institué à Bourges par Jeanne de France, femme de Louis xii. Un autre, appelé les Annonciades célestes, ou Filles bleues et Célestines, fut établi en 1600, par une pieuse veuve de Gênes. Les Annonciades célestes s'établirent à Paris en 1624.

Antonins. Ces religieux étaient des hospitaliers qui avaient été institués pour soigner ceux qui étaient atteints de la maladie appelée le feu Saint-Antoine ou mal des ardents (voy. Ardents). Charles v leur avait accordé de grands privilèges.

Augustines. On donnait ce nom aux religieuses hospitalières de la charité de Notre-Dame, qui suivaient la règle de Saint-Augustin. Elles avaient été établies à Paris par la mère Françoise de la Croix, et l'archevêque de Gondi. Le pape Urbain viii approuva leurs constitutions en 1633. Elles font encore aujourd'hui le service de l'Hôtel-Dieu de Paris.

Augustins. Les religieux de l'ordre de Saint-Augustin ne doivent pas être confondus avec les Chanoines réguliers de Saint-Augustin (voy. Chanoines réguliers). L'ordre monastique ne date que de 1256, époque ou le pape Alexandre iv réunit en une seule Congrégation des ermites de noms différents et de diverses institutions, et leur donna le nom d'Ermites de Saint-Augustin. Il les divisa en quatre provinces : France, Allemagne, Espagne et Italie, Les moines de cette congrégation s'appelèrent grands Augustins en opposition avec les Guillemites de Bourges nommés les petits Augustins. Les grands Augustins étaient un des quatre ordres mendiants. Dès 1259, ils étaient établis à Paris où une rue garde encore leur nom, En 1588, le pape Sixte v soumit cet ordre à une réforme. On appela la nouvelle congrégation les Augustins déchaussés ou petits Pères de la mort. Ils vinrent s'établir en France sous le règne de Henri iv, en 1596. Marguerite de Valois, première femme de ce prince, les appela, en 1608, du Dauphiné à Paris. Mais ils ne s'établirent définitivement dans cette ville qu'en 1619. Ils achetèrent un terrain inhabité, et y construisirent le couvent dit des Petits-Pères. Louis xiii posa, en 1629, la première pierre de leur église, à laquelle il donna le nom de Notre-Dame des Victoires, qu'elle porte encore aujourd'hui. Le couvent des Petits-Pères, et les autres couvents de l'ordre des Augustins, ont été supprimés en 1790.

Ave-Maria (Filles de l'). Les filles ou Religieuses de l'Ave-Maria appartenaient au tiers ordre de Saint-François (voy. Franciscains). Louis xi leur donna, en 1480, la maison que saint Louis avait fondée en faveur des Béguines, il voulut qu'elles prissent le nom de religieuses de l'Ave-Maria, parce qu'il avait établi peu auparavant l'usage de répéter trois fois par jour l'Ave Maria (voy. Angélus).

Barnabites. Cet ordre fondé à Milan, en 1530, et approuvé par le pape en 1553, fut appelé en France en 1608. Les Barnabites y établirent plusieurs monastères, et eurent un provincial jusqu'à la révolution. Ils se nommaient encore clercs réguliers de la congrégation de Saint-Paul. La prédication, l'instruction de la jeunesse, la direction des séminaires, étaient l'occupation ordinaire de ces religieux. Ils avaient, à Montargis, un collège célèbre fondé par les ducs d'Orléans. Leur général résidait à Rome.

Bénédictines. Religieuses de l'ordre de Saint-Benoît. Elles s'établirent en France vers le milieu du vie siècle ; leur premier monastère fut fondé, en 544, par sainte Radegonde, femme de Childebert ier, ce fut l'abbaye de Sainte-Croix de Soissons. Elles avaient, en France, cent seize abbayes avant la révolution. Les Bénédictines de l'adoration perpétuelle suivaient aussi la règle de Saint-Benoît. L'une d'elles était toujours prosternée devant l'autel, la corde au cou, et faisant amende honorable à Dieu pour les outrages envers le saint sacrement.

Bénédictins. L'ordre des Bénédictins est le plus ancien des ordres monastiques de l'Occident. Il fut institué au vie siècle par saint Benoît de Nursia, dont le disciple saint Maur vint en France fonder le monastère de Glanfeuil en Anjou ou Saint-Maur-sur-Loire. La plupart des monastères de France adoptèrent la règle de Saint-Benoît. Les abbayes de Saint-Germain des Prés, de Saint-Denis, Suint-Martin de Tours, Saint-Wandrille, Jumièges, Marmoutier et un grand nombre d'autres contribuèrent à défricher les terres et à sauver les débris de la civilisation. L'ordre des Bénédictins fut plusieurs fois réformé. En 817, un synode tenu par saint Benoît d'Aniane rétablit la règle dans son ancienne sévérité. Au xe siècle, Eudes, abbé de Cluny ; au xie, saint Bruno, chanoine de Reims, et Robert abbé de Cîteaux ; au xiie, saint Bernard, abbé de Clairvaux ; au xiiie siècle, Jean Galbert ou Gualbert, fondateur de la congrégation italienne de Vallombreuse ; au xvie siècle, Jean de La Barrière, abbé de Feuillants ; enfin au xviie, la congrégation de Saint-Maur et la réforme de la Trappe tentèrent de ramener l'ordre des Bénédictins à la pureté primitive. La réforme de la congrégation de Saint-Maur fut une des plus célèbres; elle donna naissance à cette grande école d'érudits. où figurent Mabillon, Montfaucon, Sainte-Marthe, d'Achery, Felibien, Lobineau, Plancher, Clément, Clémencet, Martène. Rivet, Ruinait, Tassin, Toustain, Vaissette, Bouquet, Brial et tant d'autres bénédictins aussi modestes que savants. La France leur doit, entre autres collections, le recueil des anciens historiens de France, le Gallia christiana, la France littéraire, l'Art de vérifier les dates, etc. L'ordre des Bénédictins supprimé par la constituante en 1790 a été rétabli en 1833 par dom Prosper Guéranger à Solesmes (département de la Sarthe). Les nouveaux Bénédictins ont entrepris, comme leurs devanciers, de grands travaux d'érudition, tels que la continuation du Gallia christiana, les recherches sur les Origines de l'Église romaine, la publication de l'Histoire des Papes par Anastase le Bibliothécaire, le Spiceligium solesmense, etc.

Bernardines. Religieuses bénédictines qui suivaient la réforme de Cîteaux et portaient la robe blanche, comme les moines de cet ordre. Leur origine remontait au xiie siècle. Il y avait encore en France une congrégation de Bernardines réformées. Elle fut fondée par la mère Louise-Blanche-Thérèse de Ballon, parente de saint François de Sales qui la dirigea dans cette réforme. Les Bernardines réformées s'établirent à Grenoble en 1624. Les religieuses du Précieux sang à Paris adoptèrent aussi en 1659 la règle de saint Bernard.

Bernardins. On désignait sous ce nom les Bénédictins de Cîteaux réformés par Robert, qui fut successivement abbé de Molesme et de Cîteaux. On les appelait quelquefois Cisterciens ou moines de Cîteaux ; mais, comme saint Bernard avait beaucoup contribué à la propagation de l'ordre de Cîteaux, on leur donna le plus souvent le nom de Bernardins. Les chefs d'ordre des Bernardins étaient les abbayes de Cîteaux, de Clairvaux, de Pontigny, de la Ferté et de Morimont.

Blancs-Manteaux. L'ordre des Servites ou Serviteurs de la Vierge, qu'on appela aussi Blancs-Manteaux à cause de leur costume, date du xiiie siècle ; il fut fondé à Marseille en 1252, et confirmé, en 1257, par le pape Alexandre iv. Le concile de Lyon, sous Grégoire x, le supprima, et, en 1298, Philippe le Bel donna leur couvent aux Guillemites (voy. Guillemites dans cette liste des ordres religieux). Ceux-ci y restèrent jusqu'en 1618 ; à cette époque ils firent place à des Bénédictins qui conservèrent le nom de Blancs-Manteaux en mémoire des premiers possesseurs du monastère.

BonsHommes. On donnait ce nom à plusieurs ordres religieux, entre autres aux Minimes et aux religieux de Grandmont.

Calvaire (Congrégation de Notre-Dame du). Ces religieuses, qui suivaient la règle de Saint-Benoît, avaient été établies primitivement à Poitiers par Antoinette d'Orléans de la maison de Longueville. En 1617, le pape Paul v confirma cette fondation ; en 1621, les religieuses ou filles du Calvaire s'établirent à Paris, d'abord près du Luxembourg et ensuite au Marais où était le principal couvent de leur ordre.

Camaldules. Les Camaldules tiraient leur nom de Camaldoli, solitude située au milieu des Apennins. Leur ordre fut fondé en 1012 par saint Romuald. Ces moines, qui suivaient la règle de Saint-Benoît, vinrent en 1626 s'établir en France, où ils fondèrent six maisons. La plus ancienne était celle du Val-Jésus en Forez et la plus considérable celle de Grosbois à peu de distance de Paris. Les Camaldules portaient une robe blanche, la barbe longue et avaient des sandales pour chaussure.

Capucines et Capucins. L'ordre des Capucins fut fonde, en 1525, sous le pontificat de Clément vii par l'Italien Matteo Baschi frère mineur. Les moines de cet ordre prirent le nom de capucins à cause du capuce ou capuchon, long et pointu qui les distinguait. Leur robe en grosse étoffe marron clair était serrée à la ceinture par une corde. Leurs jambes et leurs pieds nus n'étaient protégés que par des sandales. La pauvreté était le vœu qui leur était le plus strictement imposé. Les Capucins s'établirent en France en 1574 et y fondèrent un grand nombre de couvents. Ils en possédaient plus de quatre cents à l'époque de la révolution, qui supprima leurs maisons. Depuis quelques années des couvents de Capucins ont été rétablis dans quelques parties de la France. — Les Capucines, appelées primitivement Filles de la passion, passèrent, en 1538, sous la direction des Capucins ; elles suivaient la règle austère de Sainte-Claire. Leur costume ressemblait beaucoup à celui des Capucins. Introduites en France en 1608, elles s'établirent à Paris et à Marseille. Le couvent de Paris a donné son nom au boulevard des Capucines.

Carmélites et Carmes. Les Carmes et les Carmélites tiraient leur nom du mont Carmel. Quelques-uns de ces religieux vinrent d'Orient en France à la suite de saint Louis. On les appelait primitivement Frères barrés, parce qu'ils portaient des habits barrés de blanc et de noir. Voici à quelle occasion ils prirent ce costume : lorsque les Sarrasins se furent rendus maîtres de la terre sainte, ils défendirent aux Carmes de porter des habits et des capuchons blancs, parce que le blanc était chez eux un signe instinctif de noblesse. Les Carmes furent alors obligés de prendre des habits bariolés. Mais lorsqu'ils lurent établis en Occident, ils adoptèrent, vers la fin du xiiie siècle, une robe noire avec un scapulaire et un capuce de même couleur surmontés d'une chape et d'un camail de couleur blanche. L'ordre des Carmes était d'abord très sévère ; ils étaient astreints à un silence perpétuel, au travail des mains, à l'abstinence de toute viande et au jeûne depuis l'exaltation de la Sainte-Croix jusqu'à Pâques. Mais dans la suite cet ordre se relâcha ainsi que celui des religieuses, appelées Carmélites, qui étaient soumises à la même règle. Sainte Thérèse réforma les Carmélites à Avila, en Castille, en 1568, et, par ses conseils, Jean de la Croix et Antoine de Jésus tirent la même réforme parmi les Carmes. Les carmélites de France adoptèrent la réforme de sainte Thérèse, et se distinguèrent, au xviie siècle, par leur austérité et par la célébrité de plusieurs des femmes qui vinrent y chercher un asile. Les Carmes qui adoptèrent la réforme de Jean de la Croix, prirent le nom de Carmes déchaussés ou déchaux parce qu'ils marchaient pieds nus. Les Carmes déchaussés s'établirent en France, en 1605, deux ans après les religieuses carmélites. Ceux qui s'en tenaient à la règle ancienne étaient appelés Carmes mitigés.

Catholiques (Nouveaux). Cette communauté, composée de catholiques nouvellement convertis, s'établit sous le règne de Louis xiv dans le faubourg Saint-Victor. Il y avait aussi des couvents de femmes appelées les Nouvelles catholiques.

Célestins. Religieux qui suivaient la règle de Saint-Benoît et tiraient leur nom du pape Célestin v leur fondateur Cet ordre s'établit en France en 1300, et y fonda un grand nombre de monastères. On en comptait vingt-trois en 1417. La maison de Paris était chef d'ordre. Les Célestins étaient gouvernés par un provincial qui avait, en France, le pouvoir de général. Ils furent sécularisés en 1776 et en 1778 par les papes Clément xiv et Pie vi ; ils entrèrent alors dans le clergé séculier et leurs monastères furent supprimés.

Chanoines réguliers. Voy. Chanoines.

Charité (Religieuses hospitalières de la charité Notre-Dame). Voy. Augustines.

Charité (Frères de la). Voy. Frères de la Charité.

Charité de la sainte Vierge. Les religieux de la Charité de la sainte Vierge avaient été institués à la fin du xiiie siècle et leur ordre avait été approuvé par le pape Boniface viii ; ils avaient à Paris la maison appelée Monastère des Billettes, bâtie sur l'emplacement de la maison d'un juif qui fut brûlé pour avoir profané une hostie.

Charité (Sœurs de la). Voy. Sœurs de la Charité ou Sœurs grises.

Chartreux. Cet ordre fut fondé, en 1084, par saint Bruno de Cologne. Bruno s'établit avec ses disciples près de Grenoble dans un site sauvage et pittoresque qu'on appelle encore aujourd'hui la grande Chartreuse. Un de ses successeurs donna à ces religieux une règle qui fut approuvée, en 1170, par le pape Alexandre iii. Elle était très sévère, leur imposait un silence perpétuel et l'abstinence absolue de viande, même lorsqu'ils étaient malades. La règle des Chartreux n'eut jamais besoin d'être réformée. Les Chartreux vinrent s'établir à Paris en 1237 où saint Louis leur donna un ancien château du roi Robert appelé Vauvert (aujourd'hui partie du jardin du Luxembourg). Ils eurent dans la suite, en France, soixante-cinq maisons. Leur général résidait à la grande Chartreuse. Dispersés par la révolution ces religieux se sont réunis de nouveau à la grande Chartreuse depuis 1816.

Cisterciens. Religieux de l'ordre de Cîteaux.

Cîteaux (Ordre de). L'abbaye de Cîteaux, près de Dijon, fut fondée en 1098, par Robert, abbé de Molesme. Vingt et un moines du monastère de Molesme trouvant que la règle de Saint-Benoît n'était pas strictement observée dans ce couvent, le quittèrent, en 1075, et allèrent s'établir ailleurs avec l'abbé Robert. Il obtint, en 1098, le lieu nommé Cîteaux, de Rainard, vicomte de Beaune, et il y établit la règle de Saint-Benoît dans toute sa sévérité, imposant le travail des mains, le silence et la solitude, et renonçant à toute espèce de dispenses et de privilèges. Il prit l'habit blanc, et le nom de moines blancs fut principalement donné aux Cisterciens comme celui de moines noirs aux Bénédictins de l'ordre de Cluny. Les Cisterciens avaient adopté la robe blanche par une dévotion spéciale envers la sainte Vierge à laquelle ils consacraient leur monastère. Les cinq principaux monastères de l'ordre, Cîteaux, la Ferté, Pontigny (diocèse d'Auxerre), Clairvaux et Morimont (diocèse de Langres) s'unirent en 1119 par une constitution, appelée Charte de Charité, qui établissait entre eux une espèce d'aristocratie, tandis que, dans la congrégation de Cluny, il n'y avait qu'une abbaye chef d'ordre. On convint que les abbés feraient réciproquement des visites les uns chez les autres, et que l'on tiendrait tous les ans des chapitres généraux, où tous les abbés seraient obligés d'assister, et dont les règlements seraient observés par l'ordre entier. Cependant l'abbé de Cîteaux resta supérieur général de tous les monastères cisterciens, et même des ordres militaires de Calatrava, d'Alcantara et de Monteza en Espagne, d'Avis et du Christ en Portugal. Il pouvait officier pontificalement et bénir les abbés et abbesses de son ordre. Aux états de Bourgogne, il tenait le premier rang après les évêques. L'ordre de Cîteaux s'accrut merveilleusement en peu de temps. Cinquante-sept ans après sa fondation, il comptait cinq cents maisons. La plus célèbre fut celle de Clairvaux fondée, en 1115, par saint Bernard. Elle devint si célèbre que souvent l'on donnait le nom de Bernardins à tous les Cisterciens. L'ordre de Cîteaux a été réformé au xvie siècle par Jean de La Barrière, abbé de Notre-Dame des Feuillants près de Toulouse. Ces Cisterciens réformés furent désignés sous le nom de Feuillants ou Bernardins réformés. Enfin, en 1664, Rancé, abbé de la Trappe, fit une dernière réforme qui a donné naissance à l'ordre des Trappistes.

Clarisses. Religieuses suivant la règle de Sainte-Claire. Voy. plus bas Franciscains.

Clercs réguliers. « Les clercs réguliers, comme les Jésuites et les Théatins, diffèrent des autres religieux en ce qu'ils ne chantent point l'office, étant d'ailleurs assez occupés et ayant eu plus d'attraits pour l'oraison mentale. Ils ne pratiquent à l'extérieur aucune austérité corporelle, et ont gardé l'habit ordinaire des prêtres séculiers de leur temps. » (Fleury, Institution au droit ecclésiastique.)

Cluny (Congrégation de). La maison de Cluny (Saône-et-Loire) avait été fondée, en 910, par Bernon et suivait la règle de Saint-Benoît. Elle fut réformée à la fin du xe siècle, par Saint-Eudes ou Odon, qui appliqua principalement ses moines à la prière ; il leur fit prendre la robe noire. Un grand nombre de maisons se soumirent à la réforme de Cluny et se placèrent sous l'autorité de l'abbé qui relevait immédiatement du pape. Jusqu'alors les abbayes avaient vécu indépendantes l'une de l'autre ; Cluny donna le premier exemple d'une discipline presque monarchique qui soumettait à un seul chef un grand nombre de monastères. La congrégation de Cluny fut réformée, en 1621, par D. Jacques de Veni-d'Arbouzes, alors grand prieur et depuis abbé régulier de Cluny. On comptait en France plus de trente maisons qui avaient adopté cette réforme. On appelait ces religieux Bénédictins réformés pour les distinguer de ceux qui avaient conservé l'ancienne règle et qu'on désignait sous le nom d'anciens.

Cordeliers. Les Cordeliers s'appelaient encore Frères mineurs et Franciscains. Voy. Franciscains.

Doctrinaires ou Pères de la doctrine chrétienne. Les Doctrinaires étaient une congrégation de clercs séculiers, dont le général était toujours français. Leur fondateur fut le bienheureux César de Bus, gentilhomme, né à Cavaillon, dans le comtat Venaissin, le 3 février 1544. II obtint, en 1593, la permission d'établir sa congrégation dans la province d'Avignon, et elle fut confirmée par une bulle en 1597. En 1614, le père Antoine Vigier, successeur de César de Bus, fit ériger la congrégation en ordre religieux ; mais, en 1647, le pape Innocent x rétablit cette congrégation dans son premier état. Les Doctrinaires avaient en France trois provinces : celles d'Avignon, de Paris et de Toulouse. Le pape Benoît xiii réunit la congrégation de la doctrine chrétienne de Naples à celle de France. Le but de cette congrégation était de catéchiser le peuple et de lui enseigner la religion chrétienne ; elle avait, en France, un grand nombre de collèges, et entre autres sept maisons et dix collèges dans la province d'Avignon, trois collèges quatre maisons dans celle de France ou de Paris, quatre maisons et treize collèges dans celle de Toulouse.

Dominicains. Saint Dominique d'Osma, qui s'était signalé par son zèle dans la guerre contre les Albigeois, fonda l'ordre des Dominicains, pour lequel il obtint, en 1216, l'approbation du pape Honorius iii. Le premier couvent des Dominicains, à Paris, était situé rue Saint-Jacques, d'où ils prirent le nom de Jacobins ; on les appelait aussi frères prêcheurs, parce que le but principal de leur ordre était la prédication. Cet ordre produisit, au xiiie siècle, plusieurs docteurs illustres, et, entre autres, saint Thomas d'Aquin, que l'on appelait l'ange de l'école. L'ordre des Dominicains fut réformé en 1611. Les Jacobins fondèrent alors une nouvelle maison dans la rue Saint-Honoré. Elle est devenue célèbre par le club qui y tint ses séances pendant la révolution. Il y avait aussi des religieuses de l'ordre de Saint-Dominique.

Eudistes. Congrégation de prêtres séculiers fondée, en 1643, par Eudes de Mézeray, frère de l'historien. Les Eudistes avaient pour principale mission la prédication et l'enseignement. Cette congrégation se répandit surtout en Normandie et en Bretagne.

Feuillants. Les Feuillants étaient une congrégation de l'ordre de Cîteaux réformée par Jean de La Barrière en 1578. Ils prirent le nom de Feuillants du monastère de ce nom situé près de Toulouse. Ils s'établirent à Paris en 1587. Leur couvent était situé rue Saint-Honoré et a été pendant la révolution le siège d'un club célèbre. Voy. Club.

Feuillantines. Les Feuillantines suivaient la même règle que les Feuillants. Elles n'avaient en France que deux couvents ; l'un à Toulouse, fondé en 1590, et l'autre à Paris, établi, en 1622, dans une impasse qui communique avec la rue Saint-Jacques et qui a conservé le nom d'impasse des Feuillantines.

Filles bleues. Congrégation que l'on désignait aussi sous le nom d'Annonciades célestes. Voy. ce mot plus haut.

Filles de la charité. Elles étaient appelées aussi Sœurs de la charité ou Sœurs grises. Voy. ces mots.

Filles de la conception. Religieuses du tiers ordre de Saint-François ; elles eurent un couvent à Paris en 1635.

Filles de la congrégation de Notre-Dame. Cette congrégation fut reconnue par deux bulles datées de 1615 et 1616 ; elles devaient enseigner gratuitement aux jeunes filles à lire et à écrire. Elles avaient fondé, au xviie siècle, un couvent dans la rue Neuve-Saint-Étienne.

Filles de la croix. Cette congrégation s'établit à Paris en 1642 ; elle avait pour mission principale l'instruction des jeunes filles.

Filles de l'instruction chrétienne. Congrégation établie par Marie de Gournay pour l'instruction gratuite des filles pauvres ; elle fut autorisée par lettres patentes de 1657.

Filles de la Madeleine ou Madelonnettes. Ce couvent, fondé en 1620, se composait de trois classes de personnes : 1° les filles qu'on y enfermait pour les punir de leurs désordres ; 2° celles qui se repentaient et formaient la congrégation ; 3° les religieuses augustines qui avaient la direction du monastère.

Filles pénitentes ou repenties. Cette communauté fut instituée en 1492 par Jean Tisseran, cordelier, qui retira du désordre un grand nombre de filles et de femmes. Le roi et le pape l'autorisèrent en 1496 et 1497, et elle reçut ses statuts de Jean Simon de Champigny, évêque de Paris. On ne devait y admettre que des femmes qui voulaient expier leurs désordres, pourvu qu'elles n'eussent pas plus de trente ans. Mais dans la suite on reçut aux Filles pénitentes des femmes d'une conduite irréprochable. On les appelait aussi Filles de Saint-Magloire, parce que, en 1580, elles avaient été transférées dans le monastère de ce nom situé rue Saint-Denis. Il y avait encore une maison des Filles pénitentes de Sainte-Valère bâtie en 1706, rue de Grenelle-Saint-Germain.

Franciscains. L'ordre des Franciscains fut fondé par saint François d'Assise et approuvé, en 1223, par une bulle du pape Honorius iii. On appelait encore ces religieux Cordeliers, de la corde dont ils ceignaient leurs reins, et Frères mineurs, parce qu'ils se regardaient comme inférieurs à tous les autres ordres. Dans le même temps, sainte Claire de la même ville d'Assise fonda l'ordre des Clarisses ou Pauvres femmes. Les Franciscains s'établirent en France sous le règne de saint Louis. Ils eurent, dès le principe, un tiers ordre composé de gens mariés, qu'on appelait Frères de la pénitence ou du tiers ordre. Cette congrégation de séculiers devint, dans la suite, un Institut religieux, comprenant des couvents d'hommes et de femmes. Une maison de cet ordre s'établit à Picpus, vers l'extrémité du faubourg Saint-Antoine ; de là le nom de Picpus qu'on donna en France à ces religieux. Une des principales règles imposées par saint François à ses disciples était la pauvreté absolue ; mais ils ne tardèrent pas à s'en relâcher et obtinrent des dispenses pour acquérir des propriétés. Une réforme devint nécessaire. Deux cents ans après saint François, saint Bernardin de Sienne rétablit une observance plus étroite, et n'admit aucune dispense. On distingua alors les Frères mineurs en Observantins, qui avaient adopté la réforme, et en Conventuels, qui conservaient leur ancien état. Vers la fin du xve siècle s'accomplit en Espagne une autre réforme qui fut approuvée par le pape Innocent viii. On appela en espagnol ces Franciscains Recogidos (réformés), ce qu'on a traduit en français par Recollets. On les nomme aussi quelquefois Frères mineurs de l'étroite observance. Enfin au xvie siècle la réforme de Matteo Baschi, frère mineur observantin, donna naissance aux Capucins. Voy. Capucins.

Frères convers ou Frères lais. Il y avait dans les abbayes des religieux subalternes non engagés dans les ordres, qui faisaient des vœux monastiques et qui étaient en quelque sorte les domestiques des moines du chœur ou pères. On fait remonter l'origine des Frères lais ou laïques à l'an 1040, époque à laquelle saint Jean Gualbert en reçut dans son monastère de Vallombreuse. Fleury prétend que cette institution devint pour les monastères une cause de relâchement et de division. « D'un côté, dit-il, les moines du chœur traitaient les Frères lais avec mépris comme des ignorants et des valets, et se regardaient comme des seigneurs. Car c'est ce que signifie le titre de dom qu'ils prirent vers le xie siècle. De l'autre, les frères lais nécessaires au temporel que suppose le spirituel (car il faut vivre pour prier), ont voulu se révolter, dominer et régler même le spirituel ; ce qui a obligé les religieux à tenir les frères fort bas. »

Frères barrés. Voy. Carmes.

Frères mineurs. Voy. Franciscains.

Frères mineurs de l'étroite observance. Voy. Franciscains.

Frères prêcheurs. Voy. Dominicains.

Frères-sacs. L'ordre des Frères-sacs ou de la pénitence de Jésus-Christ, était établi en France avant saint Louis. La décadence de leur institut les fit remplacer par les Augustins en 1293. Leur couvent devint celui des Grands-Augustins,

Frères de la charité. Cet ordre fut institué à Grenade par l'Espagnol Jean de Dieu ; il fut introduit en France en 1601, et établi à Paris en 1602. Les Frères de la charité s'occupaient principalement du soin des malades, et la plupart restaient laïques. Les frères qui étaient promus aux ordres étaient chargés d'administrer les sacrements aux malades. La maison des Frères de la charité, au faubourg Saint-Germain, est devenue l'Hôpital de la Charité.

Frères de la pénitence. Voy. Franciscains.

Frères des écoles chrétiennes. Cette congrégation, qui se consacre à l'instruction de l'enfance, a été instituée en 1680, par J. B. de la Salle. Elle choisit, en 1705, pour chef-lieu d'ordre, la maison de Saint-Yon près de Rouen, de là est venu le nom de Frères Saint-Yon, qu'on donna quelquefois à ces religieux. Supprimés à la révolution, rétablis en 1802, les Frères de la doctrine chrétienne se consacrent encore aujourd'hui à l'instruction de l'enfance.

Génovéfains. Chanoines réguliers (voy. ce mot) établis à Sainte-Geneviève. Un décret du 22 mars 1852 a rétabli une communauté de chapelains de Sainte-Geneviève, dont la mission est : 1° de prier Dieu pour la France et pour les morts inhumés dans les caveaux de l'église ; 2° de se former à la prédication. Ils sont nommés pour trois ans à la suite d'un concours ; à leur tête est un doyen nommé pour cinq ans par l'archevêque de Paris.

Grammont ou Grandmont (Ordre de). L'ordre de Grammont ou des Bonshommes fut fondé au commencement du xiie siècle par Étienne, vicomte de Thiers. Grammont ou Grandmont dans la marche Limousine était le chef-lieu de l'ordre. Cet ordre avait un collège à Paris rue du Jardinet et plusieurs couvents dans les provinces.

Guillemites ou Guillemins. Un gentilhomme français nommé Guillaume de Malaval fonda en Italie l'ordre des Guillemites en 1157. Ils s'établirent en France en 1256. Leur premier monastère fut à Montrouge près de Paris, d'où Philippe le Bel les transféra dans cette ville en 1298, et leur donna le couvent des Blancs-Manteaux ou Servites, dont l'ordre avait été récemment supprimé (voy. Blancs-Manteaux). Les Guillemites y restèrent jusqu'en 1618, époque où le prieur introduisit dans ce monastère des bénédictins de la congrégation de Saint-Maur. Les Guillemites se retirèrent alors à Montrouge où le dernier mourut en 1680.

Haudriettes. On appelait ainsi à Paris les Religieuses de l'Assomption. Elles tiraient leur nom d'Étienne Haudri qui avait suivi saint Louis à la terre sainte et était ensuite allé en pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle. Sa femme, Jeanne Dalonne, n'ayant pas reçu depuis longtemps de ses nouvelles, se persuada qu'il était mort, fit vœu de chasteté et se consacra avec quelques autres femmes à des exercices de piété dans une maison qui lui appartenait. Étienne Haudri, à son retour, voulut la faire relever de son vœu ; mais il n'obtint la dispense du pape qu'à la condition qu'il abandonnerait la maison où Jeanne Dalonne s'était retirée à douze pauvres femmes avec le revenu nécessaire pour les entretenir. Haudri se soumit à ces conditions et ces religieuses furent appelées Haudriettes du nom de leur fondateur. En 1622, elles furent transférées dans la rue Saint-Honoré, où elles bâtirent un monastère sous le nom de l'Assomption de Notre-Dame, avec une église en rotonde qui existe encore aujourd'hui. Depuis cette époque, on les appela Dames ou Religieuses de l'Assomption. Elles étaient habillées de noir avec de grandes manches et une ceinture de laine ; elles portaient un crucifix sur le cœur.

Hospitalières de Saint-Thomas de Villeneuve. Cette congrégation de religieuses hospitalières fut établie en 1661 par le père Ange Proust, Augustin réformé ; elles se proposaient pour modèle saint Thomas de Villeneuve, archevêque de Valence en Espagne, qui venait d'être canonisé et qui s'était particulièrement distingué par son ardente charité pour les pauvres. Les Hospitalières de Saint-Thomas de Villeneuve s'établirent d'abord en Bretagne ; elles ne vinrent à Paris qu'en 1700. Depuis cette époque, elles ont dans cette ville une maison où résident la directrice générale et la procuratrice générale de leur ordre.

Jacobins. Voy. Dominicains.

Jésuites. Les Jésuites s'établirent en France en 1550 et en furent bannis en 1763. Cet ordre a joué un rôle si important que nous lui avons consacré un article spécial. Voy. Jésuites.

Lazaristes. Cette congrégation fut fondée par saint Vincent de Paul vers 1632 et destinée à former des missionnaires. Le général des Lazaristes était français et résidait à Paris. Ils avaient la direction d'un grand nombre de séminaires et de plusieurs cures. On enfermait aussi dans les maisons de cet ordre les jeunes gens que leurs familles désiraient soumettre à la discipline d'une maison de correction. Il existe encore aujourd'hui des Lazaristes en France.

Mathurins. L'ordre des Mathurins ou Trinitaires fut établi au xiie siècle pour la rédemption des captifs ; il eut pour fondateurs, en 1198, saint Jean de Matha et saint Félix de Valois. Les statuts de cet ordre furent approuvés par le pape Honorius iii. Le nom de Mathurins leur vint d'une ancienne église dédiée à saint Mathurin qui leur fut cédée par le chapitre de Paris. Le chef-lieu de l'ordre était à Cerfroi qui leur fut donné par Marguerite, comtesse de Bourgogne. Outre les vœux ordinaires, les Mathurins faisaient un vœu particulier de se consacrer au rachat des captifs sur la côte d'Afrique. Avant la révolution ils possédaient environ deux cent cinquante maisons, tant en France, qu'en Italie, en Espagne et en Portugal.

Minimes. L'ordre des Minimes fut fondé par saint François de Paule, approuvé, en 1473, par le pape Sixte iv, et, en 1507, par Jules ii. On leur donnait quelquefois en France le nom de Bonshommes.

Miséricorde (Filles de la). Voy. Miséricorde (Filles de N.-D. de la).

Oratoire (Congrégation de l'). La société ecclésiastique de l'Oratoire fut établie en France, en 1611, par le cardinal de Bérulle, sur le modèle de la congrégation de l'Oratoire que saint Philippe Néri avait fondée à Rome vers 1558. Elle eut bientôt un grand nombre de maisons qui relevaient du supérieur général établi à Paris ; on en comptait soixante-quinze en France avant la révolution. Les Oratoriens prêchaient, faisaient des missions, enseignaient la jeunesse et dirigeaient les séminaires. Cet ordre est resté célèbre par les savants et pieux personnages qu'il a produits. Massillon est un des plus illustres. Les Oratoriens ne faisaient pas de vœux.

Observantins. Voy. Franciscains.

Pauvres femmes. Voy. Franciscains.

Petites sœurs des pauvres. Ordre de religieuses fondé depuis quelques années pour soigner les vieillards pauvres.

Petits Pères. Voy. Augustins déchaussés.

Picpus. Voy. Franciscains.

Prémontrés. Les Prémontrés étaient des chanoines réguliers (voy. Chanoines), dont l'ordre fut institué en 1120 par saint Norbert, Allemand, qui se retira avec quelques disciples à Prémontré, en Picardie, dans la forêt de Coucy à quelques lieues de Laon. Le pape Honorius ii approuva en 1126 l'ordre de Prémontré. Ces religieux portaient la robe blanche.

Récollets. Voy. Franciscains.

Sachets. On les appelait encore Frères-Sacs, parce qu'ils étaient vêtus de robes sans ceinture qui avaient la forme d'un sac (voy. Frères-Sacs). Il y avait aussi des religieuses nommées Sachettes, qui suivaient la même règle que les Frères de la pénitence et portaient le même costume.

Saint-Sacrement (Religieuses du). Les religieuses du Saint-Sacrement ou de l'Adoration perpétuelle sont des Bénédictines qui ajoutent aux trois vœux ordinaires de chasteté, de pauvreté et d'obéissance, celui de l'adoration perpétuelle. Elles furent établies à Paris, en 1652, par la protection de la reine Anne d'Autriche. Des lettres patentes de 1654 confirmèrent cette institution ; elle fut approuvée, en 1668, par le cardinal de Vendôme légat du pape et confirmée par le pape Innocent xi, en 1676.

Saint-Sulpice. La congrégation de Saint-Sulpice fut, fondée, en 1641, par Jean-Jacques Ollier, qui devint peu de temps après curé de Saint-Sulpice, sans cesser de diriger la congrégation qu'il avait fondée. En 1652, il donna sa démission de la cure pour se consacrer tout entier au séminaire Saint-Sulpice ; il établit des membres de sa congrégation dans un grand nombre de villes de France et même d'Amérique. L'abbé Le Ragois de Bretonvilliers remplaça l'abbé Ollier comme curé de Saint-Sulpice et directeur de la congrégation ; mais, après lui, la cure et le séminaire furent séparés, et c'est seulement en 1851 que la congrégation de Saint-Sulpice a été de nouveau appelée à partager l'administration de la cure avec le clergé séculier Avant la révolution la congrégation de Saint-Sulpice avait cinq séminaires à Paris et une douzaine dans les provinces. Parmi les successeurs de l'abbé Ollier, les plus connus sont l'abbé Tronson, mort en 1700, et l'abbé Émery mort en 1811. Fénelon professait la plus grande estime pour cette congrégation. « Il n'est rien, disait-il, de si apostolique et de si vénérable que Saint-Sulpice. » Cette congrégation a survécu à la révolution et dirige encore aujourd'hui plusieurs séminaires.

Servites. Les moines de cet ordre étaient aussi appelés Blancs-Manteaux. Voy. Blancs-Manteaux.

Sœurs de la charité on Sœurs grises. Cette congrégation fut établie par saint Vincent de Paul et Mme Louise de Marillac pour le service des malades et des pauvres. Ce fut en 1633 (29 novembre) que Mme Louise de Marillac dirigée par saint Vincent de Paul commença à réunir ces pieuses filles qui s'intitulaient Servantes des pauvres malades. En 1642, elles s'établirent au faubourg de Saint-Lazare. Leurs statuts et règlements, rédigés par saint Vincent de Paul, furent approuvés en 1655, et des lettres patentes du mois de novembre 1658 confirmèrent leur congrégation. On les appela Sœurs grises à cause de la couleur de leurs vêtements. Soigner les malades et élever les jeunes filles pauvres, tel est le principal but de cette congrégation.

Saint-Victor (Chanoines réguliers de Saint-Victor). Voy. Chanoines réguliers.

Théatins. L'ordre des Théatins fut fondé, en 1524, à Chieti (autrefois Théate, d'où vint le nom de Théatins) par le cardinal Marcel-Gaëtan de Vicence, et le Napolitain Pierre Carafifa, évêque de Chieti, qui fut plus tard pape sous le nom de Paul iv. Les Théatins ne possédaient rien ni en particulier ni en commun ; il ne leur était pas permis de mendier et ils devaient se contenter de ce que la Providence leur envoyait. Leur principale occupation était la prédication ; ils s'occupaient spécialement des missions étrangères. Ils fondèrent un couvent en France à l'époque de la Ligue (1594) ; mais il fut bientôt détruit. Les Théatins ne s'établirent réellement à Paris que sous le ministère du cardinal Mazarin (1644). le couvent des Théatins, fondé sur le quai Malaquais, a été supprimé en 1790.

Trappistes. L'abbaye de la Trappe, de l'ordre de Cîteaux, fut fondée, en 1140, par Rotrou comte du Perche, et réformée, en 1663, par Armand-Jеап Le Boutillier de Rancé, abbé commendataire de la Trappe. Il y établit l'étroite observance de Cîteaux, et depuis cette époque la Trappe, devenue chef d'ordre, a multiplié ses maisons renommées par leur austérité.

Trinitaires. Voy. Mathurins.

Ursulines. Les Ursulines s'établirent à Paris, en 1608, dans le faubourg Saint-Jacques. Elles suivaient la règle de Saint-Augustin, et tenaient des écoles pour l'instruction des jeunes filles.

Visitation (Religieuses de la). Les Religieuses de la Visitation furent instituées par saint François de Sales et Mme de Chantal. Elles s'établirent à Paris, en 1619 ; leur principal couvent était au faubourg Saint-Antoine. Il y avait un autre monastère de la Visitation fondé à Chaillot, en 1651, par Henriette de France, veuve de Charles ier roi d'Angleterre.

Voy. Héliot, Histoire des ordres monastiques.

d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899

 

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