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Commanderie, Commandeur. — Une commanderie était un bénéfice de l'ordre de Malte. Celui qui en était investi s'appelait commandeur. L'institution des commanderies date de 1260. Jusqu'à cette époque, les biens de l'ordre étaient administrés par des agents comptables, qui, après avoir pris ce qui était nécessaire pour leur subsistance, devaient remettre le surplus au grand maître et au trésorier de l'ordre. Mais, comme il fallait à l'ordre des revenus fixes, on arrêta dans un chapitre tenu à Césarée (1260), un rôle des sommes que chaque bénéfice de Malte enverrait à la terre sainte. Le reste des revenus de ces bénéfices ou commanderies fut consacré à l'entretien des chevaliers qui en avaient la direction et qui, depuis cette époque, s'appelèrent commandeurs.
d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899
COMMANDERIE, subst. fém.
Espèce de
bénéfice destiné pour récompenser
les services de quelques membres d'un ordre
militaire ou religieux.
Il y avait deux sortes de Commanderies ;
les régulières et
les séculières. Les
Commanderies régulières sont
celles qui étaient établies dans certains
ordres religieux en faveur, pour être conférées à des
religieux du même ordre. Il y en avait dans l'ordre
régulier et hospitalier du Saint-Esprit de Montpellier.
Ces Commanderies étaient
de vrais titres de bénéfices perpétuels
et non révocables par le grand-maître, ni
par les autres supérieurs majeurs ; elles ne
pouvaient être
conférées en commande, c'est-à-dire à des
séculiers, pas même à des cardinaux,
mais devaient être remplies par les religieux profès
du même ordre. Ces bénéfices exigeaient
une administration personnelle, une résidence
actuelle et un vœu particulier dans la personne du
pourvu, qu'on appelait le vœu d'hospitalité, et
qui était
le quatrième que les religieux de cet ordre étaient
obligés de professer. Ceux qui étaient pourvus
de ces Commanderies étaient
obligés de faire
les fonctions curiales dans leurs hôpitaux, et d'administrer
le spirituel comme le temporel ; ils ne gagnaient
point tous les fruits comme les autres commandeurs et commandataires,
mais ne prenaient que victum et vestitum, et
appliquaient le surplus au soulagement des pauvres.
Il y avait aussi des Commanderies régulières
dans l'ordre de Saint-Antoine de Viennois, qui étaient électives,
confirmatives, et n'étaient pas sujettes à la
nomination du roi.
Les Commanderies séculières étaient
celles qui étaient établies en faveur de
certains ordres militaires, dont quelques uns étaient
en même temps réguliers et hospitaliers, tels
que celui de Saint-Lazare, celui de Malte, et autres ;
ces
Commanderies n'étaient
point de vrais bénéfices,
mais seulement le droit de jouir des revenus d'un
bénéfice
que l'on conférait à des laïcs
qui étaient
chevaliers profès du même ordre. Il y avait
des Commanderies de rigueur
que les plus anciens chevaliers obtenaient à leur
rang ; et d'autres de grâce,
que le grand-maître conférait. Dans l'ordre
de Malte, il y avait plusieurs sortes de Commanderies,
il y en avait d'affectées à des religieux
du même ordre, d'autres aux chapelains, d'autres
aux chevaliers, d'autres aux frères servants.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816
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