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DAUPHIN, subst. masc., nom que l'on a donné depuis
le milieu du douzième siècle au prince qui possédait
la province Viennoise. L'origine de ce nom est assez incertaine. Les
uns le font venir d'un Dauphin, que Boson
fit peindre dans son écu,
pour marquer la douceur de son règne ; mais cette étymologie
est fausse, puisque Boson vivait au milieu du neuvième siècle,
et que les Dauphins ne prirent ce titre que
plus de trois cents ans après, c'est-à-dire au milieu
du douzième
siècle ; d'autres du château Dauphin, bourg dans
le Briançonnais
que ces princes avaient fait bâtir. Mais son origine la plus vraisemblable
est que Guy V, dit le Vieux, prit le titre de Dauphin pour
faire honneur à Albon, comte de Vienne, surnommé Dauphin,
dont il avait épousé la file aînée. D'abord
les seigneurs de cette province portèrent le titre de comte d'Albon
et de Grenoble, ou de Gresivaudan. Quatre princes de Guy ou Guignes eurent
le même titre. Mais Berttholde IV, duc de Zerinphen, céda
le comté de Vienne à Guigues V, et ce fut lui qui le premier
fut surnommé Dauphin au milieu du douzième
siècle ;
il fut le dernier mâle de sa maison, et Béatrix, sa fille et
son héritière, porta le Dauphiné, dans la maison des
anciens ducs de Bourgogne. Elle mourut en 1228, et son fils Guigues
VI ou André, fut le chef de la seconde race des Dauphins.
Cette seconde race ne subsista pas longtemps, et finit par la mort de Jean
Ier, l'an
1282. Sa sœur Anne, porta cette principauté dans la maison de
la Tour du Pin, en épousant Humbert 1er. Trois autres Dauphins lui
succédèrent, dont le dernier fut Humbert II, qui donna
sa principauté en 1349, à Charles
de France, petit-fils de Philippe de Valois, et l'en revêtit
la même année en lui remettant l'ancienne épée
du Dauphiné, la bannière de Saint-Georges, avec le sceptre
et un anneau. L'amour qu'il avait pour ses sujets, continuellement
tourmentés par les comtes de Savoie, l'engagea à les
donner à un prince puissant, capable de les protéger et les
défendre contre une puissance étrangère. Depuis cette époque
le titre
ne s'accorde qu'au fils aîné du roi, et ne passe à un
cadet qu'en cas de mort de l'aîné.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816
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