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Noblesse & Féodalité

 
 
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Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries
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Dîme

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DÎME, subst. fém. Dans l'ancienne loi, le peuple juif payait aux Lévites et aux prêtres la Dîme ou dixième partie de ses biens, et selon quelques auteurs, il n'y a pas de doute que ces Dîmes ne fussent d'institution divine. Mais on ne peut pas dire la même chose des Dîmes que l'on payait aux ecclésiastiques ; car on ne voit pas que Jésus-Christ les ait instituées, ni que les premiers chrétiens aient payé au clergé la Dîme des biens qu'ils possédaient. Les ecclésiastiques vivaient des aumônes des fidèles, qui leur devaient à la vérité la subsistance parce qu'il est de droit divin et naturel, que celui qui sert à l'autel vive de l'autel ; mais dans la suite l'usage s'établit de donner une certaine portion de ses revenus, que l'on appela Dîme, au clergé, par comparaison avec ce que les Juifs donnaient aux Lévites. On voit des vestiges de cet usage dès le quatrième et cinquième siècles ; mais la chose ne passa en loi que dans les siècles suivant, dans lesquels les laïcs furent obligés par les canons, sous peine d'anathème, et par les lois des princes, de payer aux ecclésiastiques la Dîme de leurs revenus, et des fruits qu'ils recueillaient. Elles appartenaient naturellement aux ecclésiastiques, qui servaient l'église dans les fonctions de leur ministère. Les laïcs s'en emparèrent d'une partie dans le huitième siècle, ou de leur autorité, ou par concession des princes. Après les avoir possédées pendant quelque temps, il les restituèrent à des moines ou à des chapitres, et l'église toléra cette restitution ; de là viennent les Dîmes inféodées, dont jouissaient les laïcs, et les Dîmes qui appartenaient aux abbés, aux moines et aux chapitres. Le concile de Latran, tenu en 1179, sous Alexandre III, ordonna que les Dîmes possédées par les laïcs seraient restituées à l'église ; mais le quatrième concile de Latran, sous Innocent III, toléra, par son silence, les Dîmes que les laïcs possédaient par le passé, et fit des défenses très expresses pour l'avenir. Anciennement les Dîmes étaient partagées par l'évêque, depuis elles appartinrent de droit aux curés, dans les lieux mêmes où il y avait de gros décimateurs autres que les curés. Les curés avaient encore les Dîmes des terres que l'un défriche, appelées novales ; et les menues Dîmes des bestiaux, et les vertes Dîmes des pois et autres légumes. Les Dîmes n'étaient plus en usage depuis longtemps dans l'église d'Orient.

d'après le Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842)  — Paris, 1816

 

 

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