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ENFANTS
NOBLES (Douze). Louis XIV, considérant la
noblesse comme l'appui le plus ferme des couronnes, et que la
principale puissance de l'état consiste dans l'accroissement
des familles, que les mariages sont les sources fécondes
qui en produisent la force et la grandeur ; considérant
que les Romains, ces sages politiques qui ont donné des
lois à toute la terre, Sa Majesté, désirant
relever la dignité et les privilèges des mariages,
déprimés par la licence des temps, et donner
des marques de sa considération envers ce lien sacré et
politique, a voulu accorder, à l'exemple de tous les siècles,
un honneur particulier à sa fécondité, et
des prérogatives qui en rendent le mérite plus recommandable ;
car, étant informé de l'usage particulier de la
Bourgogne, qui accorde l'exemption de toutes impositions à tout
homme et femme qui ont douze enfants, elle a, par lettres-patentes
en forme d'édit, donné à Saint-Germain-en-Laye,
en novembre 1666, ordonné que les gentilshommes et leurs
femmes, qui ont douze enfants nés en loyal mariage, non
prêtres, religieux ni religieuses, et qui seront vivants,
décédés en portant les armes pour son service,
jouissent de deux mille livres de pension, et ceux qui n'en ont
que dix, de mille livres seulement.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816
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