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GRAND-FAUCONNIER DE FRANCE. L'origine de la charge de Fauconnier du roi est de l'an 1250. Jean de Beaune exerça cette charge depuis ce temps jusqu'en 1258. Étienne Grange était maître fauconnier du roi en 1274. Tous ses successeurs eurent la même qualité jusqu'à Eustache de Gaucourt, qui fut établi Grand fauconnier de France en 1406.
Le Grand fauconnier de France avait différentes sortes de gages. Outre les gages ordinaires, et ceux pour son état et appointements, il en avait comme chef du vol pour corneille et l'entretien de ce vol ; pour l'entretien de quatre pages, pour l'achat et les fournitures de gibecières, de leurres, de gants, de chaperons, de sonnettes, de vervelles et armures d'oiseaux, et pour l'achat des oiseaux. Il prêtait serment de fidélité entre les mains du roi ; il nommait à toutes les charges de chefs de vol, lorsqu'elles vaquaient par mort, à la réserve de celles des chefs des oiseaux de la chambre et du cabinet du roi, et de celles des gardes des aires et forêts de Compiègne, de l'Aigle et autres forêts royales. Le Grand fauconnier avait seul le droit de commettre qui bon lui semblait pour prendre les oiseaux de proie en tous lieux, plaines et buissons du domaine de sa majesté.
Les marchands fauconniers français ou étrangers étaient obligés, à peine de confiscation de leurs oiseaux, avant de pouvoir les exposer en vente, de les venir présenter au Grand fauconnier, qui choisissait et retenait ceux qu'il estimait nécessaires ou qui manquaient aux plaisirs du roi.
Le grand-maître de Malte faisait présenter au roi, tous les ans douze oiseaux, par un chevalier de la nation, à qui le roi faisait présent de mille écus, quoique le grand-maître payât au même chevalier son voyage à la cour de France.
Le roi de Danemark et le prince de Courlande envoyaient aussi au roi des gerfauts et autres oiseaux de
proie.
Si le roi, étant à la chasse, voulait avoir le plaisir de jeter lui-même un oiseau, les chefs pourvus par le Grand-fauconnier présentaient l'oiseau au Grand fauconnier, qui le mettait ensuite sur le poing de sa majesté. Quand la proie était prise, le piqueur en donnait la tête à son chef, et le chef au Grand fauconnier, qui la présentait de même au roi.
Il portait à l'extérieur de ses armes une longe ou cordon d'où pendait un leurre.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816
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