SÉNÉCHAL DE FRANCE. Les Sénéchaux de France étaient les plus anciens officiers et les plus considérables de ceux qui avaient servi sur la fin de la seconde, et dans le commencement de la troisième race de nos rois ; quoique l'on trouve cet office établi dans la première race, il était alors subordonné aux maires du palais, et sous la seconde aux ducs et princes des français. Ces deux grandes dignités éteintes, celle de Sénéchal devint la première et la plus considérable du royaume ; ses fonctions ne furent plus bornées, comme auparavant, à l'administration des revenus de la maison des rois. Les Sénéchaux commandèrent les armées, rendirent la justice, et eurent le premier rang dans la maison royale ; et depuis que nos rois ont commencé à faire signer leurs chartes par leurs grands officiers, le Sénéchal a toujours signé le premier. Hugues de Cleers, chevalier angevin, qui vivait du temps du roi Louis le Gros, nous a donné un petit traité des droits, des fonctions et de l'autorité de cette grande charge sans nous en faire connaître l'origine ; il dit qu'elle a été longtemps héréditaire dans la maison des comtes d'Anjou. Ce traité est devenu public par les soins du P. Sirmone, jésuite, qui l'a fait imprimer avec ses notes sur les lettres de Geoffroy, abbé de Vendôme, page 98, et M. Baluze l'a donné après lui dans le quatrième livre de ses Mélanges, page 479. M. Bignon dans ses notes sur Marculfe, liv. 3, chap. 52, remarque que la dignité de Sénéchal de France fut reconnue la première du royaume sous le règne du roi Philippe i.
d'après le
Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816