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HOST, subst. masc., que l'on écrivait aussi quelquefois ost, mais par corruption ; et en latin hostis signifiait l'armée ou le camp du prince, ou de quelque autre seigneur. On entendait aussi quelquefois par le terme d'Host le service militaire qui était dû au seigneur par ses vassaux et sujets, ou l'expédition même à laquelle ils étaient occupés, à raison de ce service.
Le terme d'hostis se trouve en ce sens dans la loi salique, dans celles des Ripuariens, des Bavarois, des Saxons, des Lombards, des Visigoths, dans les capitulaires de Charlemagne, et autres anciennes ordonnances des premiers siècles de la troisième race, et dans les auteurs de ce temps.
Les vassaux et les tenanciers qui étaient tenus à se trouver à l'Host, étaient obligés, au premier mandement du seigneur de se rendre près de lui, équipés des armes convenables, et de l'accompagner dans ses expéditions militaires.
Ce devoir s'appelait service d'Host ou ost. On ajoutait quelquefois et de chevauchée, parce qu'il se rencontrait ordinairement que celui qui devait le service d'Host devait aussi le service de chevauchée. Il y avait cependant de la différence entre l'un et l'autre, comme on voit dans l'ancienne coutume d'Anjou, qui dit que Host était pour défendre le seigneur, c'est-à-dire que le service d'Host se faisait dans le pays même et pour le défendre, au lieu que le service de chevauchée se faisait pour les guerres du seigneur même hors les limites de son territoire.
Le service d'Host et de chevauchée n'était pas dû seulement par les simples tenanciers et sujets : il était dû principalement par les nobles feudataires et vassaux ; aucun d'eux n'en était exempt. Les évêques, même les abbés et autres ecclésiastiques, n'en étaient pas exempts ; ils en étaient tenus de même que les laïcs, à cause du temporel de leurs églises.
Sous les deux premières races de nos rois, ils faisaient ce service en personne ; quelques-uns même commandèrent les armées, et les historiens de ce temps font mention de plusieurs prélats qui furent tués en combattant dans la mêlée.
En 1214, à la bataille de Bouvines, Philippe, évêque de Beauvais et frère du roi Philippe-Auguste, assomma les ennemis avec une massue de bois, prétendant que ce n'était point répandre le sang, comme cela lui était dé fendu, attendu sa qualité d'évêque.
Depuis, le service militaire ne put être dû par les vassaux et sujets qu'à leur souverain. C'est ce qu'on appelait en France le service du ban et arrière-ban. Le ban était la convocation des vassaux immédiats ; l'arrière-ban était la convocation des arrières vassaux.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816
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