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Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries
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Joute

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JOUTE, subst. fém., était proprement le combat à la lance de seul à seul ; on a ensuite étendu la signification de ce mot à d'autres combats, par l'abus qu'en ont fait nos anciens écrivains qui, en confondant les termes, ont souvent mis de la confusion dans nos idées.

Nous devons, par conséquent, distinguer les Joutes des tournois ; le tournoi se faisait entre plusieurs chevaliers qui combattaient en troupe, et la Joute était un combat singulier, d'homme à homme. Quoique les Joutes se fissent ordinairement dans les tournois, après les combats de tous les champions, il y en avait cependant qui se faisaient seules, indépendamment d'aucun tournoi : on les nommait Joutes à tous venants, grandes et plénières. Celui qui paraissait pour la première fois aux Joutes remettait son heaume ou casque au héraut, à moins qu'il ne l'eût déjà donné dans le tournoi.

Comme les dames étaient l'âme des Joutes, il était juste qu'elles fussent célébrées dans les combats singuliers d'une manière particulière, aussi les chevaliers ne terminaient aucune Joute de la lance, sans faire à leur honneur une dernière Joute, qu'ils nommaient la lance des dames, et cet hommage se répétait combattant pour elles à l'épée, à la hache d'armes et à la dague.

Les Joutes passèrent en France des Espagnols, qui prirent des Maures cet exercice, et l'appelèrent juego de canas, le jeu de cannes, parce que, dans le commencement de sa première institution dans leur pays, ils lançaient en tournoyant des cannes les unes contre les autres et se couvraient de leurs boucliers pour en parer le coup. C'est encore cet amusement que les Turcs appellent lancer le gerid, mais qui n'a aucun rapport avec les jeux troyens de la jeunesse romaine.

Le mot JOUTE vient peut-être de juxtà, à cause que les jouteurs se joignaient de près pour se battre ; d'autres le dérivent de justà, qui est le nom qu'on a donné, dit-on, dans la basse latinité à ces exercices ; on peut voir le glossaire de Ducange au mot justà.

d'après le Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842)  — Paris, 1816

 

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