| NOM, subst. masc. Appellation distinctive d'une race, d'une famille et des individus de l'un et de l'autre sexe, dans chaque famille.
On distingue en général deux sortes de Noms parmi nous ; le Nom propre, ou le Nom de baptême, est celui que l'on met devant le surnom ou le Nom de famille, comme Jean, Pierre, Louis, pour les hommes, Suzanne, Thérèse, Elisabeth, pour les femmes.
Le Nom de famille est le Nom qui appartient à toute la race, à toute la famille qui se continue de père en fils, et passe à toutes les branches ; tel est le Nom de Bourbon, il répond au patronymique des Grecs ; par exemple, les descendants d'Eaque se nommaient Eacides. Les Romains appelaient ces Noms généraux qui se donnent à toute la race, gentilia.
Nous n'avons que des connaissances incertaines sur l'origine des Noms et des surnoms.
Dans les titres au-dessus de l'an 1000, on ne trouve guère les personnes désignées autrement que par leur Nom propre, ou de baptême, c'est de-là peut-être que les prélats ont retenu l'usage de ne signer que leur Nom propre avec celui de leur évêché, parce que, durant les siècles précédents, on ne voyait point d'autres souscriptions clans les conciles. Le commun peuple d'Angleterre n'avait point de Nom de famille, ou de surnom, avant le règne d'Édouard Ier, qui monta sur le trône en 975. Plusieurs familles n'en ont point encore dans la Holstein, et dans quelques autres pays, où l'on n'est distingué que par le Nom de baptême, et par celui de son père ; Jacques, fils de Jean ; Pierre, fils de Paul.
On croit que les surnoms, ou Noms de famille, ont commencé de n'être en usage en France que vers l'an 987, sur la fin de la lignée des Carlovingiens, où les nobles de France prirent des surnoms de leurs principaux fiefs, ou bien imposèrent leurs Noms à leurs fiefs, et même avec un usage fort confus. Les bourgeois et les serfs qui n'étaient pas capables de fiefs, prirent leurs surnoms du ministère auquel ils étaient employés, des lieux, des métairies qu'ils habitaient, des métiers qu'ils exerçaient, etc.
Mathieu, historiographe, prétend que les grandes familles ont oublié leurs premiers Noms et surnoms, pour continuer ceux de leur partage, apanages et succession, c'est-à-dire que leurs Noms n'ont pas été d'abord héréditaires. M. le Laboureur, parlant du temps que les Noms et les armes commencèrent à être héréditaires, prétend qu'il y en a peu qui puissent prouver leur descendance au-delà de cinq cents ans, parce que les Noms et les armes étaient seulement attachés aux fiefs qu'on habitait. Ainsi, Robert de Beaumont, fils de Roger, sire de Beaumont et d'Adeline de Meulan, prit le Nom et les armes de Meulan, et quitta le surnom de Beaumont. On remarque même que les fils de France, en se mariant avec des héritières qui avaient des terres d'un grand état, en prenaient les Noms et les armes, comme Pierre de France en épousant Isabelle de Courtenay.
Mézeray prétend que ce fût sur la fin du règne de Philippe II, dit Auguste, que les familles commencèrent à avoir des Noms fixes et héréditaires, et que les seigneurs et gentilshommes les prenaient le plus souvent des terres qu'ils possédaient ; quant à l'origine des surnoms de la roture, le même historien la tire de la couleur, des qualités ou des défauts, de la profession, du métier, de la province, du lieu de la naissance, et d'autres causes semblables et arbitraires, impossibles à découvrir.
On s'est encore servi de sobriquets pour faire des distinctions dans les familles ; les souverains mêmes n'en ont pas été exceptés, comme Pépin dit le Bref, Charles le simple, Hugues Capet et autres. Mais il faut remarquer que ces sobriquets se prenaient indifféremment des qualités bonnes ou mauvaises de l'esprit et du corps,
Personne n'ignore que les papes changent de Nom lors de leur pontificat, mais ce changement de Nom paraît un peu plus ancien que l'élection de Sergius IV, l'an 1009, car Jean XV s'appelait Cicho avant son élévation au pontificat, et Jean XVI, son successeur, en l'an 995, se nommait Fafanus ; mais alors ce n'étaient pas les papes élus qui changeaient leur Nom, comme ils font aujourd'hui, c'étaient leurs électeurs qui leur imposaient d'autres Noms.
Les grands d'Espagne multiplient leurs Noms, tant par adoption, qu'en considération de leurs alliances avec de riches héritières. Les Français multiplient aussi leurs Noms, mais par pure vanité, ou bien ils les changent par le même principe. Certaines gens, dit la Bruyère, portent trois Noms, de peur d'en manquer. D'autres ont un seul nom dissyllabe qu'ils anoblissent par des particules, dès que leur fortune devient meilleure. Celui-ci, par la suppression d'une syllabe, fait de son Nom obscur, un Nom illustre ; celui-là, par le changement d'une lettre en une autre, se travestit, et de Syrus, devient Cyrus. Plusieurs suppriment leurs Noms qu'ils pourraient conserver sans honte, pour en adopter de plus beaux où ils n'ont qu'à perdre, par la comparaison que l'on fait toujours d'eux qui les portent, avec les grands hommes qui les ont portés ; il s'en trouve enfin qui, nés à l'ombre des clochers de Paris, veulent être Flamands ou Italiens, comme si la roture n'était pas de tout pays ; ils allongent leurs Noms français d'une terminaison étrangère, et croient que venir de bon lieu, c'est venir de loin. Voyez Surnom.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816
Plan du site | Mises à jour | RSS | Presse | Liens
Partenariats | Webmestres |
Infos légales |
Contact
Copyright © Au Blason des Armoiries – Tous droits réservés – 2005-2008

Partenariats : Agir XIX - Annuaire de généalogie - Annuaire des artisans d'art
Ascendance et généalogie - Château de Moyen - Historia Nostra - Le Passé Présent
Rois et Présidents
Devenir partenaire ?
|