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Ordre de Saint-Jean de Jérusalem ou de Malte

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ORDRE DE SAINT-JEAN DE JÉRUSALEM ou DE MALTE. Il a été fondé par le bienheureux Gérard, de la ville de Martigues, en Provence, en l'année 1099.

Les fonctions des religieux de cet Ordre étaient de soigner les malades d'un hôpital que les marchands de la ville d'Amalsi, dans le royaume de Naples, avaient fondé à Jérusalem sous la protection de saint Jean-Baptiste : c'est ce qui leur donna le nom de frères hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

Raimond du Pui, gentilhomme provençal, successeur de Gérard, fut le premier grand-maître de l'Ordre ; cest lui qui donna une règle aux frères ; elle fut approuvée par le pape Calixte II, l'an 1120.

Du Pui sépara l'ordre en trois classes, la première fut composée des nobles, qu'il destina à la profession des armes pour la défense de la foi et la protection des pèlerins ; la seconde des prêtres et chapelains pour faire l'office divin et servir d'aumôniers dans les armées, et la troisième des frères servants, qui furent aussi destinés à faire la guerre.

Après la perte entière de la Terre Sainte, les frères hospitaliers et militaires de Saint-Jean de Jérusalem se retirèrent dans l'île de Chypre, ils l'habiterent environ 18 ans.

Ils prirent l'île de Rhodes sur les Sarrasins l'an 1309 et ils s'y établirent ; ils se qualifièrent alors du titre de chevaliers de Rhodes.

Soliman ayant fait la conquête de cette île, en 1522, les chevaliers se retirèrent en Italie, de là dans l'île de Malte qui leur fut donnée par l'empereur Charles-Quint, l'an 1530 ; ils prirent alors le nom de chevaliers de Malte.

Les chevaliers donnent au grand-maître de l'Ordre le titre d'éminence, et les sujets de l'île celui d'altesse. L'Ordre de Malte est composé de neuf langues ou nations, savoir : Provence, Auvergne, France, Italie, Arragon, Allemagne, Castille, Angleterre et Bavière.

Chaque langue a plusieurs grands prieurés et bailliages capitulaires.

Chaque grand prieuré a un nombre de commanderies ; les commanderies sont ou magistrales, ou de justice, ou de grâce.

Les magistrales sont celles annexées à la grande maîtrise ; il y en a une dans chaque grand prieuré.

Les commanderies de justice sont celles qu'on a par rang d'ancienneté, ou par améliorissement.

Les commanderies de grâce sont celles dont le grand-maître et les grands-prieurs ont droit de disposer.

On ne peut posséder aucune commanderie sans être chevalier profès, c'est-à-dire sans avoir fait les trois vœux d'obéissance, de chasteté et de pauvreté. Pour être admis chevalier de Malte, il faut avoir prouvé quatre degrés de noblesse.

Les frères servants d'église et les servants d'armes ne font point de preuves de noblesse mais ils doivent être issus d'une famille honnête et ancienne dans la bourgeoisie.

On est reçu ou chevalier de majorité, ou chevalier de minorité, ou page du grand-maître.

Les chevaliers de majorité sont ceux qui, suivant les statuts, sont reçus à l'âge de 16 ans accomplis.

Les chevaliers de minorité sont ceux qui sont reçus au berceau, ce qui ne peut se faire sans dispense du pape.

Les pages du grand-maître sont reçus à l'âge de 12 ans et le servent jusqu'à celui de 15.

La marque distinctive de l'Ordre est une croix d'or à huit pointes, émaillée de blanc.

Les chevaliers la portent attachée à la boutonnière de leur habit par un ruban noir moiré.

Les baillis, les commandeurs et les chevaliers profès portent encore une croix de toile blanche cousue sur le côté gauche de leur habit.

Leurs armoiries sont accollées sur une croix à hautes pointes, entourée d'un chapelet, au bas duquel est encore attachée la croix de l'Ordre.

d'après le Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842)  — Paris, 1816

 

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