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PRINCES DU SANG DE FRANCE. Depuis que François Ier voulut bien se qualifier premier gentilhomme de son royaume, quelque auguste que soit la naissance des Princes du sang, on peut, sans crainte de leur déplaire, les mettre à la tête de la noblesse.
Le royaume de France étant héréditaire, l'espérance d'y succéder, quelqu'éloignée qu'elle soit, a donné dans tous les temps aux Princes du sang, un rang très respectable.
Autrefois la qualité de petit fils de France n'était pas toujours portée par ceux qui se trouvaient en ce degré. Philippe de Valois, avant son avènement à la couronne, et Charles, comte d'Alençon, son frère, l'un et l'autre petits fils de Philippe le Hardi, prirent la qualité de petits fils de France, et ils étaient véritablement en ce degré. Les princesses, filles de Gaston-Jean-Baptiste de France, duc d'Orléans, sont les premières princesses qui aient pris la qualité de pelles-filles de France, et elles étaient en effet petites-filles du roi Henri IV.
On appellePremier prince du sang, celui qui vient immédiatement après les enfants de France. Le Premier prince du sang a un état de maison comme les enfants de France, mais il n'est pas si considérable.
Lorsque le Premier prince du sang a des frères, il ne leur donne jamais la main, pas même chez lui.
On sait que le fils aîné des rois de France a seul le droit de porter le titre de Dauphin ; les autres enfants du roi portent le surnom de France.
Il n'y a que les fils du roi, du dauphin, ou de l'héritier présomptif de la couronne, en ligne directe, qui aient le droit de porter le surnom de France. Les enfants des chefs des lignes collatérales portent le nom de l'apanage de leur père. Ainsi, par exemple, nos seigneurs les ducs d'Angoulême et de Berry, ajoutent a leur nom du baptême, le surnom de France, tandis que le duc d'Orléans et le prince de Condé ne peuvent le faire, parce que les premiers sont fils de Son Altesse Royale Monsieur, comte d'Artois, héritier présomptif de la couronne, tandis que les seconds ne sont que chefs de branches collatérales.
Dès que les enfants de France sont nés, le roi leur envoie le cordon et la croix de l'ordre du Saint-Esprit, par un des secrétaires d'État, officier du même ordre, et à vingt-cinq ans accomplis ils sont reçus chevaliers ; tandis qu'il faut trente-cinq ans pour les autres chevaliers. Voyez Enfants de France, Fils de France, Titres honorifiques.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816
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