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BŒUF. Représenté passant, de profil et la queue pendante. Le taureau la porte relevée au-dessus du dos, et la vache étendue le long des flancs. Accorné se dit de ses cornes ; onglé de la corne de ses pieds, lorsqu'elles sont d'un autre émail que celui de son corps.
Cet animal désigne un pays abondant en moissons ; il est le symbole de la fertilité et de la force domptée. D'après Wulson de la Colombière, le Bœuf a été adopté en armoiries par les hommes qui étaient seigneurs de terres fertiles en blés et en pâturages. Il apparaît fréquemment dans les blasons français et espagnols. Au figuré, le Bœuf est le symbole du travail et de l'abstinence. Dans l'iconographie chrétienne, il désigne l'humble travail.
La famille italienne de Boselli, établie en France, porte pour blason : de sinople, au guerrier, armé de toutes pièces et monté sur un Bœuf d'or. L'ancien poète Muzio, de Bergame, raconte ainsi l'origine de ces armoiries uniques : lors de la fondation de la ville de Bergame, une révolte de paysans ayant éclaté, un Boselli n'ayant pas de cheval, monta sur un Bœuf et tailla en pièces ses ennemis ; que cet exploit assura le salut de ses compagnons et que de là vint la devise de la famille Boselli : Libera nos a furore rusticerum, Domine. (Seigneur, délivre-nous de la fureur des paysans).
Dans ses Facéties, Pogge, écrivain florentin du xve siècle, raconte l'anecdote suivante à propos d'une tête de Bœuf :
Discussion héraldique. — Un Génois, patron d'un transport armé en guerre contre les Anglais, pour le compte du roi de France, portait un caisson sur lequel était peinte une tête de Bœuf. Un gentilhomme français s'en aperçut et revendiqua ces armoiries comme lui appartenant. Une querelle s'en suivit et le Français provoqua le Génois en duel. Ce dernier accepta le défi et se rendit sur le terrain sans aucun apparat, l'autre y vint après en grande pompe : « Quel est, dit le Génois, le motif qui nous amène ici ? » — « C'est, répondit le Français, parce que tu as usurpé des armoiries ayant appartenu à mes ancêtres et à moi, avant d'être aux tiens, je le jure ». — « Quels sont donc ces insignes ? » reprit le Génois. — « Une tête de Bœuf » répliqua le Français. — « Alors, ajouta le Génois, tout combat est bien inutile, car ce n'est pas une tête de Bœuf, mais une tête de vache que je porte ». Ce propos plaisant mit à néant la jactance du Français.
En ceste Facécie n'y a point de sens moral, mais seulement y est la joyeuse excuse que print le Gennevoys de dire qu'il ne portoit pas la teste de ung beuf en ses armes, mais portoit la teste d'une vache. » (Les Facéties de Pogge, publiées et annotées par Léonce Grasilier ; Paris, 1900, in-8°).
d'après le Dictionnaire archéologique et explicatif de la
science du blason
Comte Alphonse O'Kelly de Galway — Bergerac, 1901
BŒUF. Est généralement représenté de profil et passant ; s'il est élevé sur ses pieds de derrière, on le dit effrayé ; on le distingue du taureau en ce que ce dernier a la queue retroussée sur le dos, tandis que le Bœuf la laisse tomber entre ses jambes.
d'après l' Alphabet et figures de tous les termes du blason
L.-A. Duhoux d'Argicourt — Paris, 1899
BŒUF. Charles de Grandmaison a repris presqu'intégralement l'article publié par Nicolas Viton de Saint-Allais reproduit ci-dessous. En revanche, comme toujours, cet auteur propose de nombreux exemples de blasons ; nous les avons mis en ligne sous forme de planches héraldiques à la page suivante.
d'après le Dictionnaire héraldique
Charles de Grandmaison — Paris, 1861
BŒUF,
subst. masc., animal très révéré des
Égyptiens et des Phéniciens.
Le Bœuf dans l'écu paraît
de profil et passant, la queue pendante, ce qui le distingue
du taureau, qui a la queue dressée sur le dos. Il est
le symbole de la douceur, du travail et de la fertilité.
Accorné et onglé se
dit de ses cornes et de ses sabots, lorsqu'ils sont d'un autre émail que son corps ; clariné, de la clochette qu'il a quelquefois
au cou.
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de Malasieu de la Fargue, en
Languedoc : d'azur,
au bœuf d'or, accompagné en chef de trois maillets d'argent. |
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de Boffin de la Poype,
d'Argenson,
en Dauphiné : d'or,
au bœuf de gueules ;
au chef d'azur, chargé de trois croisettes de calvaire du
champ. Devise : Deo,
regi, patriae, pietas et fides. |
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816
Essai symbolique
Un Bœuf de gueules en champ de sinople symboliserait un travail glorieux mais difficile. [NDLR : à enquerre !!]
Les Bœufs :
• passants symboliseraient l'abstinence ou la méditation.
• rampants ou furieux symboliseraient la colère.
Le BŒUF qui nous nourrit de sa chair peut symboler la charité. Il pourrait symboliser aussi la chateté, la joie, la lacheté, la mansuétude car la passivité du bœuf est bien connue, la mort et le travail.
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