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BÂTON. Est le symbole de l'administration civile ou religieuse. Plusieurs auteurs le confondent avec le sceptre. (Voir le mot Sceptre).
Le Bâton est le signe du haut commandement militaire, puisqu'il est donné aux maréchaux de France. Sous la monarchie des Bourbons, le Bâton de maréchal était couvert de velours bleu, avec des fleurs de lys d'or ; sous l'Empire, les fleurs de lys furent remplacées par des abeilles d'or. Celles-ci avaient été adoptées par Napoléon ier.
Bâton noueux. — Louis, duc d'Orléans, au plus fort de sa querelle ou rivalité avec son cousin de Bourgogne, avait pris pour emblème un Bâton noueux. Ce symbole peu courtois était accompagné de ces mots : Je l'ennuie, et non je l'envie, comme l'ont interprété à tort les modernes. (Biographie Didot, au mot Orléans). Ceci se passait en 1405. Jean-sans-Peur répondit à cette espèce de défi en choisissant pour figure allégorique un rabot. Il y joignit, pour âme, ces mots empruntés à la langue de Flandre, pays dont il était comte souverain : Ich houd, qui signifiait : « Je [le] tiens ».
Au mois de mai suivant (1406), Louis d'Orléans mariait son fils. Ces noces eurent lieu à Compiègne avec la pompe insensée qui marquait les fêtes des conseillers de Charles vi. Le duc Louis faisant trêve aux luttes passionnées de la politique, convia son cousin de Bourgogne à cette solennité de famille. Jean-sans-Peur, contraint par cette avance, s'y rendit. Il parut avec toute la cour à ces noces. Mais les deux princes n'y firent assaut que de luxe, de démonstrations amicales et d'urbanité. Jean-sans-Peur, le premier jour de la fête, portait un collier d'or et une écharpe de rabots d'orfèvrerie, à sa devise. Le lendemain sur une robe plus riche encore, il revêtit les emblèmes de Louis : le Bâton noueux et la devise : Je l'ennuie. Louis, duc d'Orléans, accepta, de son côté, le rabot. Les deux princes, en échangeant ainsi ce qu'on pourrait appeler leurs Ordres, se donnèrent publiquement une marque évidente et consacrée d'alliance et d'estime réciproque.
BÂTON. Petite cotice alésée, posée en barre ou en bande. On dit un Bâton péri en bande ou un Bâton péri en barre, comme synonyme de Bâton en abîme.
d'après le Dictionnaire archéologique et explicatif de la
science du blason
Comte Alphonse O'Kelly de Galway — Bergerac, 1901
BÂTON. Sorte de cotice alésée, employée comme brisure pour les branches cadettes, ou caractéristique des branches bâtardes ; pour les cadets le Bâton est placé en bande, et pour les bâtards en barre. Lorsque le Bâton n'a pas la forme régulière de la cotice, s'il est écoté péri, fleurdelysé, etc., il cesse d'être une variété de la bande ou barre et n'est plus alors qu'un meuble ordinaire.
d'après l' Alphabet et figures de tous les termes du blason
L.-A. Duhoux d'Argicourt — Paris, 1899
BÂTON. Bâton, en terme de blason, se dit d'une espèce de bande qui n'a que le tiers de la largeur ordinaire ou la moitié d'une cotice. On le dit brochant sur le tout, quand il est placé sur d'autres pièces, ou sur différentes partitions de l'écu. Quand il est raccourci et vraiment alésé, on le dit péri en bande, ou simplement péri, et péri en barre. Le Bâton péri en bande est mis de droite à gauche ; le Bâton péri en barre est de gauche à droite. Ce dernier est ordinairement marque de bâtardise, comme la barre.
Bâton s'emploie aussi pour désigner une branche d'arbre écotée, et alors il est généralement dit Bâton noueux. Les Bâtons noueux diffèrent des chicots, selon Paillot, en ce que les chicots ont toujours quelques bouts de branches et sont aléses, tandis que les Bâtons noueux traversent tout l'écu et touchent les bords.
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Du May, en Guyenne et Gascogne : d'azur, à un bâton noueux d'or en fasce, accompagné en chef de trois flanchis d'or, et en pointe d'une hure de sanglier du même, défendue d'argent. |
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Antelmi, en Provence : d'azur, à un bâton écoté et mis en bande d'or, côtoyé de six étoiles du mê-me mises en bande. trois au-dessus et trois au-dessous. |
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Blet, en Berry : de gueules, au bâton noueux d'or posé en bande, accosté de trois rochers d'argent. |
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Barrière, en Languedoc : d'azur, au bâton écoté d'or mis en bande et accompagné de trois étoiles du même, trois et deux. |
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de Blancbâton, en Normandie : de gueules, au bâton écoté en pal d'argent, accosté de quatre fleurs de lis d'or. |
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Gamaches, en Île-de-France : d'argent, au chef d'azur à un bâton de gueules. |
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de Chalant, en Bresse : d'argent, au chef de gueules au
bâton de sable brochant sur le tout. |
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Parent, en Île-de-France : d'azur, à deux bâtons d'épine écotés et alesés d'or, passés en sautoir, accompagnés d'un croissant d'argent en chef et de trois étoiles d'or, deux en flanc et une en pointe. |
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Boisson, en Provence : d'azur, à trois bâtons d'or mis en bande, coticés du même. |
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de Chambellan, en Bourgogne : d'or, parti d'azur au bâton de gueules. |
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de La Motte, en Champagne : d'azur, au bâton noueux d'or, posé en bande. |
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Thomassin, en Bourgogne : d'azur, à deux estocs ou bâtons noueux d'or en croix. |
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Espinassi, en Provence : d'or, à trois bâtons tigés et feuillés de sable accompagnés d'une rose sans tige du même. |
d'après le Dictionnaire héraldique
Charles de Grandmaison — Paris, 1861
BÂTON,
subst. masc., espèce de petite cotice alésée,
qui sert de brisure aux cadets ou puînés, pour distinguer
les branches des grandes maisons. Voyez Péri.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816
Essai symbolique
Un Bâton :
• long ou alésé symboliserait les cadets de famille.
• posé en barre symboliserait la bâtardise.
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