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ÉMAIL, ÉMAUX. Nom collectif des métaux et des couleurs usités dans la science du blason : or, argent, gueules, azur, sinople, sable, pourpre. Il comprend aussi les fourrures.
Court de Gébelin dit que gueules vient de ghul, rouge. On dit Ghulistan, empire des roses. — Sable vient de Zebel, Zibel, noir. On dit martre zibeline pour martre noire. — Azur de Azul, couleur du ciel, bleu. — Sinople vient de Tzin, herbe, verdure, et de Blu, blé naissant et d'un beau vert.
Il est évident que azur vient de l'arabe lazur. Les néerlandais nomment actuellement cet Émail lazuur.
Au moyen-âge, on blasonnait souvent en pierreries et en vertus. Nous en trouvons un exemple dans le Traité de Blason, manuscrit d'Adolphe d'Auxy, de l'an 1553 :
Métaux ou Couleurs |
Pierreries |
Vertus |
| Or. | Topaze. | Noblesse. |
| Argent. | Perles. | Richesse. |
| Azur. | Saphir. | Léaulté. |
| Gueules. | Rubis. | Prouesse. |
| Sable. | Diamant. | Simplesse. |
| Sinople. | Émeraude. | Liesse. |
| Pourpre. | Améthyste. | Virginité. |
À notre époque, les anglais blasonnent encore parfois en pierreries.
Album de Cornélie Van Peene (1631) :
Les signifiances des couleurs
Isabelle : liberté.
Colombin : amitié.
Pourpre : noblesse.
Verd : espoir.
Violet : amour.
Incarnat : mélancolie.
Escarlate cramoisi : liesse.
Rouge : vengeance, hault vouloir.
Jaune : contentement.
Blancq : chasteté et foi.
Bleu : loyauté, jalousie.
Noir : constance, honneur, deuil.
Gris : travail.
Jaune : langueur, fastide.
Verd de mer : espoir troublé.
Orange : désespoir.
Feuille morte : espérance perdue.
On affirme que les hérauts d'armes ont emprunté aux cottes d'armes les métaux, couleurs et les pannes qui entrent dans la composition des armoiries. Le savant Marc Velser est un des premiers qui aient avancé cette opinion en ces termes : « Atque ego compertum habeo pleraque insignia, quorum meri colores, ex militari primo habitu manasse : seu (quod hactenus codent recidit) in militum saga migrasse ex clypeis. »
Henri Speelinan, auteur anglais, l'affirme aussi en son Aspilogie, lorsqu'il écrit que les peaux ont donné lieu aux gentilshommes d'en emprunter les couleurs pour les mettre dans leurs écus dans leurs armoiries. Cette opinion a été partagée par le savant Du Cange qui prouve que ce que nous appelons vulgairement couleurs, en termes de blason, n'est pas une simple couleur, mais une panne ou fourrure, ni plus ni moins que l'hermine et le vair (Glossarium de Du Cange).
Nous avons fait quelques emprunts relatifs seulement à notre sujet, à un livre savant publié en 1842 en France par M. Frédéric Portal et intitulé : La symbolique des couleurs. Partageant chaque couleur en trois sections : Langue divine, langue sacrée et langue profane, il a fait une étude approfondie de la signification emblématique du blanc, du jaune, du rouge, du bleu, du noir, du vert et des couleurs mixtes. D'après la critique bienveillante de Me Eugène Villamin, « on ne peut refuser à la langue symbolique que des couleurs une grande souplesse jointe à une grande énergie ; par son intermédiaire, l'idée prend un corps qui la rend plus accessible à toutes les intelligences. Ainsi les artistes du moyen-âge ne manquaient jamais dans leurs peintures religieuses d'accomoder la couleur des vêtements de chaque personnage à la signification intime du fait représenté. Tout dans leurs compositions était symbolique, jusqu'à la couleur des cheveux du Christ, qu'ils faisaient d'un blond doré, comme symbole de la plus haute expression de l'amour divin. »
On verra dans cet ouvrage que M. Portal est d'accord avec les anciens auteurs héraldistes.
ÉMAIL. En blason, il y a trois sortes d'Émaux :
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de Brossin de Méré : D'argent, au chevron d'azur. |
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de Menou : De gueules, à la bande d'or. |
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de la Guiche : De sinople, au sautoir d'or. |
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de Milly : De sable, au chef d'argent. |
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de Gaste : De pourpre, à deux fasces d'azur. (1) |
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de Monteynard : De vair, au chef de gueules chargé d'un lion issant d'or. |
Chacun de ces mots est expliqué à sa place respective, s'y reporter, ainsi qu'à la notice historique (2) qui leur est réservée à la fin de l'ouvrage.
ÉMAUX. Sous ce nom générique on comprend les métaux et les couleurs. Voir ces mots.
ÉMAUX, subst. mas. plur., métaux, couleurs et fourrures qui composent les pièces et meubles de l'écu. Il y a neuf Émaux, dont deux métaux, cinq couleurs et deux fourrures.
L'Or, ou le jaune ; il est figuré dans la gravure par grand nombre de petits points ; il signifie richesse, force, foi, pureté, constance.
L'argent, ou blanc ; il est représenté sans aucune hachure, c'est-à-dire tout blanc. Il signifie innocence, blancheur, virginité.
L'Azur, ou bleu ; il est figuré, dans la gravure, par des lignes horizontales. Il signifie royauté, majesté, beauté, sérénité.
Le Gueules, ou rouge ; il est représenté par des lignes perpendiculaires. Il signifie courage, hardiesse, intrépidité.
Le Sinople, ou vert ; il est figuré par des lignes diagonales à droite. Il signifie espérance, abondance, liberté.
Le Sable, ou noir ; il est représenté par des lignes horizontales et perpendiculaires, croisées les unes sur les autres. Il signifie science, modestie, affliction.
Le Pourpre, ou violet ; il est représenté par des lignes diagonales à gauche. Il signifie dignité, puissance, souveraineté.
Le Vair ; c'est un champ d'azur, chargé de petites pièces d'argent, en forme de clochettes renversées.
L'Hermine ; c'est un champ d'argent, semé de mouchetures de sable. Le Vair et l'Hermine signifient grandeur, autorité, empire.
À ces neuf Émaux, on ajoute la Couleur de chair, qu'on nomme carnation pour les parties du corps, telle que le visage, les mains, les pieds, etc., et la Couleur naturelle, pour les animaux, arbres, plantes, fruits, lorsqu'ils paraissent tels que la nature les produit.
Le terme Émail vient de ce qu'anciennement on représentait en Émaux de diverses couleurs sur les écus, cottes d'armes et boucliers, les pièces de blason que les chevaliers avaient prises pour se distinguer et se reconnaître dans les tournois ; ces pièces étaient émaillées pour les garantir de l'intempérie de l'air.
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de Pracomtal, en Dauphiné : d'or, au chef d'azur, chargé de trois fleurs-de-lys du champ. |
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de Saluces de Champetin, en Brie : d'argent, au chef d'azur. |
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le Guennec de la Chaussée, en Bretagne : d'azur, au chef denché d'argent. |
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de Falletans de Valladolid, en Franche-Comté : de gueules, à l'aigle d'argent. |
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du Fresne du Bois, en Normandie : de sinople, au chef denché d'or, chargé de trois tourteaux de gueules. |
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de Caulaincourt de Beauvoir, en Picardie : de sable, au chef d'or. (3) |
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Mesnard de La Barre, en l'Île-de-France : d'azur, au chevron de pourpre, chargé de trois croisettes d'argent, et accompagné de trois trèfles d'or. |
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de Gouvis, en Normandie : de vair plein. (4) |
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de Quinson de Verchières, en Bresse : d'hermine plein. (5) |
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de Villeménard, en Berry : d'azur, à trois mains de carnation. |
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de La Piguelais du Chesnay, en Bretagne : d'argent, à l'épervier au naturel, longé, grillé et perché de gueules. |
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